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les Récits : Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long
Posté le Dimanche 05 juillet 2015 @ 11:01:29 par webmaster

marino écrit "

Mais pourquoi donc vouloir aller courir un marathon en montagne, alors qu'il y en a d'autres sûrement plus faciles et plus près de mon domicile ? Parce que depuis le début de l'année, je me suis entraînée pour le Comrades, course très difficile au niveau du dénivelé et qu'un mois après, je peux peut-être encore surfer sur cet entraînement.

Pour arriver à prendre la ligne de départ, il faut déjà s'inscrire et là, il y a un tirage au sort. Je ferais partie des 2000 coureurs autorisés à y participer, youhou. Le reste s'organise : logement et je ne me soucie du transport qu'après. Même pas un train direct de Paris, deux changements et pratiquement 7 heures de train. Heureusement que je n'avais pas cette info avant l'inscription, pas sûre que j'y serais allée.

J'arrive à Chamonix le vendredi après-midi. Il fait beau et chaud et la vue est magnifique sur le massif du Mont-Blanc. En arrivant à Chamonix, mon cerveau me renvoie l'information que ça fait 21 ans que je n'ai pas mis les pieds dans cette ville. J'ai eu droit au défilé de toutes ces années et des sensations plus que bof. Je décide donc d'aller manger et de prendre un apéro pour me remettre de ces émotions. Ensuite, retrait du dossard, promenades diverses. Et je vois que l'on peut faire un baptême de parapente, une envie d'il y a 21 ans, à ce jour non concrétisée. Demain, je fais quoi ? Rien de spécial, je suis libre et me voilà à réserver pour 12h. Et le lendemain, accompagné de Jean-Marc qui pilotera l'engin, je pars de Planpraz pour une quinzaine de minutes à admirer la chaîne du Mont-Blanc d'en haut. Grâce au vent, nous pourrons monter jusqu'à 2400m, au-dessus de Planpraz qui est à 2000m. Je ne sais pas si cette brusque montée en altitude sera responsable ou pas du mal de tête qui suivra dans la soirée. Je file acheter du paracétamol, car forcément, je n'ai rien amené. La soirée sera tranquille, ce mal de caillou me fatigue un peu.

Mais je m'égare, revenons à la course. Le départ est à 7h, le dénivelé de 2722m D+ (ça va piquer). Je pars avec le sac sur le dos, mes chaussures de trail et une première pour moi, les bâtons de marche.

Le studio n'étant pas loin du départ, j'arrive peu avant 7h, sans avoir trop lu quoi que ce soit sur ce marathon (comme souvent). J'ai juste noté les endroits des ravitos et c'est tout. Le reste, je verrais bien. La course s'élance, sous la musique d'Ac/dc "Hells Bells", ça donne la patate.

On quitte Chamonix. Les jambes sont engourdies, un peu lourdes. Quelques kilomètres se passent et arrive la 1ère côte où tout le monde monte à pied, en s'aidant des bâtons. Ensuite, mes jambes essaient de trouver leur rythme, il n'est pas facile de marcher, puis de se remettre à courir. Argentière, premier ravitaillement, annonce à peu près le 10ème kilomètre. Tout va bien, les jambes sont ok, j'ai trouvé mon rythme, mais maintenant, c'est la tête qui veut plus, je me demande ce que je fais là et le cerveau me dit donc d'arrêter, ce sera bien mieux comme ça. Faisant fi de tout le bazar dans ma petite tête, je continue en me disant qu'un jour, il faudra que je range un peu...

Les bâtons sont très utiles dans les côtes, j'ai bien fait de les prendre. Deuxième ravitaillement à Vallorcine, vers le 17ème km : je reprends de l'eau, je mange. Puis je repars. La mauvaise passe est derrière et maintenant, en route vers le col des Posettes et pour y arriver, ça ne fait que grimper, donc je ne fais que marcher. Je ne sais pas combien de kms il y a, car mon Garmin ne me trouve plus par moments, mais d'après le profil de la course, ça fait 4,5km. Mais quand j'arrive en haut, waouh, c'est d'une beauté. Je prends des photos au ravitaillement et je repars, car le plus haut du marathon est un peu plus loin, à l'Aiguillette des Posettes. C'est reparti pour de la grimpette et arrivée à 2201m, poses photos pour tout le monde (j'apprendrais plus tard que l'année dernière, les coureurs se sont arrêtés au col des Posettes, à cause des mauvaises conditions météo). C'est à ce moment-là qu'une personne me demande où est la prochaine barrière horaire et à quelle heure. Ah oui, c'est vrai, il y a des barrières horaires, mais comme je n'ai rien lu, aucune idée. Cela semble la stresser, car elle reposera la question à d'autres personnes.

Ensuite, ça descend pendant quelques kilomètres. Je peux courir la plupart du temps, mais prudemment, car il y a des marches, des cailloux, des racines. En descendant, je m'arrête auprès d'un coureur qui est tombé et s'est ouvert la cuisse. Moi et d'autres coureurs resteront avec lui, le temps d'être sûrs que les secours arrivent. Pas facile de monter les côtes, mais pas facile de les descendre non plus, surtout sur un terrain comme celui-ci où je n'ai pas l'habitude. Je suis très prudente, mais presque arrivée en bas, je trébuche sur un caillou et je m'étale, genre plongeon à la piscine, mais un plat. Je me relève rapidement et constate mes genoux écorchés, surtout le gauche qui a bien morflé. Heureusement que j'avais mis les mitaines ce matin, elles m'ont bien protégé les mains. Je repars et arrivée en bas, je passerai 10' au centre de secours pour désinfecter et mettre un pansement à mon genou gauche qui saigne. La blessure est superficielle, c'est juste la peau qui est partie. Je repars avec un beau filet sur le genou, la classe, ça fait pro les filets je trouve mouarf.

Après cette descente, où j'ai pu courir un peu quand même, on remonte bien sûr. Et donc, je remarche à nouveau. J'ai l'impression de faire une randonnée, alors que mes jambes voudraient courir. J'arrive au ravitaillement de Tre le Champ où mon Garmin m'indique 27km. Je demande à un bénévole combien de kms il reste : 12. Il déconne vraiment cet appareil. Je repars boostée, 3km gagnés à manger de la charcuterie et du fromage, ce n'est que du bonheur.

Ma joie sera de courte durée, car ça grimpe tout le temps et il fait très chaud maintenant. Je repars en mode randonnée, pas le choix. Moi qui ne suis pas fan des randos, je suis servie. Et quelles côtes pfiou.

Du 30ème au 36ème, il me sera difficile de courir, donc, je mets beaucoup de temps. Tellement de temps que dans la dernière grande côte avant le ravitaillement de la Flégère et dernière barrière horaire, d'autres coureurs disent qu'on passera pas. La barrière horaire est à 14h40, vu où je suis, effectivement, c'est mort. Sauf que j'entends que la barrière horaire a été repoussée à 15h00. J'ai peut-être une chance alors. Mais impossible de courir, ça grimpe tout le temps. Je me fais doucement à l'idée d'être stoppée à la Flégère, même si être arrêtée à 5km de l'arrivée, les boules quand même. Mais c'est le règlement et j'aurais peut-être dû être un peu plus vigilente sur ces barrières horaires. Dernière côte avant le ravitaillement que j'aperçois. Un bénévole m'annonce que j'ai 6' pour arriver là-haut, sinon, l'aventure s'arrête là. Mais qu'elle est longue cette côte, ne surtout pas s'arrêter, sinon c'est cuit. J'arrive en haut, je passe la barrière, ouf !

Pour fêter ça, je resterai 10mn au ravitaillement à manger, boire, papoter et récupérer. Ensuite, je repars, un photographe m'immortalise et je papote à nouveau avec lui. En fait, le report des barrières horaires a été fait sur le 80km et le 42km pour permettre à des V4 de monter sur le podium. Merci à la V2 que je suis de me permettre de terminer la course. Je ne suis pas sûre de revenir en V4.

Il reste 5 km, mais là encore, il sera très difficile pour moi de courir, entre les côtes et ces petits chemins parsemés de cailloux, de racines. Je passe mon temps à marcher pff, mais j'ai hâte de déguster la bière bien fraîche à l'arrivée. Je fais un bout de chemin avec un coureur qui est comme moi, habitué au bitume. Il n'en peut plus non plus de tous ces cailloux qui tordent les chevilles. Et depuis ma chute, je suis un peu plus frileuse à courir sur ce sol, car effectivement les chevilles souffrent, les orteils aussi (je pense que je vais bientôt être en deuil de quelques ongles, sniff). Je préfère jouer la prudence et me préserver pour ma prochaine course.

Dès que je peux, je cours et je m'aperçois que musculairement, ça va bien. Normal, vu le peu que j'ai couru. Je vois l'arrivée, une dernière côte et je passe sous l'arche après 9h29'10". Le marathon le plus long hi hi. Contente d'être arrivée au bout, mais un peu frustrée de ne pas avoir pu courir plus souvent. Et contente de boire deux bières avec Jean-Jacques, qui m'attendait depuis un moment.

Tout le long de la course, je me suis demandée comment font les pros pour courir sur ce genre de terrain. Y'a pas, c'est un autre entraînement, un autre effort. Je n'ai pas cet entraînement et malgré la beauté des paysages, je ne dirais qu'une chose : vive le bitume:)







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    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par keyserSoze le Dimanche 05 juillet 2015 @ 13:57:14
    [ Informations sur l'auteur ] http://cdusport.canalblog.com/
     
    Bin moi c'est l'inverse, j'ai adoré ce parcours, je me suis bien fait plaisir, malgré que je reste un inconditionnel des marathons sur route. Sortir du bitume de temps en temps ça fait du bien.;-) Mais c'est vrai que l'on ne s'impose pas traileur du jour à lendemain; car bien que la course porte le nom de marathon,c'est bel et bien d'un trail qu'il s'agit.

     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par marino le Lundi 06 juillet 2015 @ 23:03:49
    (Informations sur l'Utilisateur)
    je ne regrette pas d'y être allée tellement les paysages étaient magnifiques, je regrette simplement de ne pas avoir pu courir plus souvent.


     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par olivierdu76 le Dimanche 05 juillet 2015 @ 14:38:50
    [ Informations sur l'auteur ]
     
    Bravo Marino!!! plus de 9 heures de course et 2700 m de dénivelé ça ne rigole pas!!! Course sans doute plus dure que le swissalpine marathon oui le marathon de Zermatt? En tout cas a bientôt sur le bitume, le vrai, avec ses km indiqués et ses ravitaillement tous les 5kms;)

     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par marino le Lundi 06 juillet 2015 @ 23:04:52
    (Informations sur l'Utilisateur)
    on va dire que mon entrainement n'était pas adapté à ce genre de course ; et en septembre, c'est avec grand plaisir que je retrouverai le bitume


     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par RunninDoum le Dimanche 05 juillet 2015 @ 23:14:58
    [ Informations sur l'auteur ]
     
    Mais quelle saison tu nous fais !!! en plus pour y passer 9h30, c'est que tu as adoré traîner sur ce parcours, si si, avoue !! bravo pour cette belle première (de cordée) ;-)

     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par marino le Lundi 06 juillet 2015 @ 23:06:07
    (Informations sur l'Utilisateur)
    pour traîner en route, tu crois pas si bien dire :) heureusement qu'il restait des bières fraîches à l'arrivée :)


     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par GRENOUILLE le Lundi 06 juillet 2015 @ 06:00:18
    [ Informations sur l'auteur ] http://courir-par-plaisir.over-blog.com/
     
    Bravo Marino!! Tout au long de ton récit moi je me suis demandé comment on fait pour être là tout court !!!!! Chapeau l'artiste et plein de bises

     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par marino le Lundi 06 juillet 2015 @ 23:08:13
    (Informations sur l'Utilisateur)
    comment fait-on pour être là ? bah, on se laisse influencer par d'autres personnes :) :) je ne donne pas de noms, elles sont trop nombreuses mouarf


     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par Robocop78 le Mardi 07 juillet 2015 @ 09:26:33
    [ Informations sur l'auteur ]
     
    Je comprends ta frustration pour l'avoir vécue l'an dernier avec, en plus, la pluie continue. Sur cette épreuve, il faut partir avec la première vague pour éviter les bouchons à Vallorcine et avoir fait une prépa spéciale montagne avant. Au moins, auras-tu eu du soleil pour admirer ce superbe décor.


     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par Escargote le Vendredi 17 juillet 2015 @ 18:07:24
    [ Informations sur l'auteur ] http://escargote-aux-baskets.blogspot.ch/
     
    Bravo Marino! C'est sûr que le marathon de montagne, c'est bien différent du marathon de route :-) J'espère que cette première te donnera envie d'en courir/marcher d'autres!


     
    Re: Mt Blanc 2015 : Le marathon le plus long (Score obtenu : 1)
    par doudou34 le Samedi 18 juillet 2015 @ 15:01:37
    [ Informations sur l'auteur ]
     
    autant de temps de course autant de denivelés faut vraiement en vouloir mais nous te decouvrons au fur et a mesure de tes recits et participations aux forums. je suis de moins en moins etonné par tes prestations. ta passion pour la course a pied l emporte haut la main sur la difficultée. je te tire un grand coup de chapeau miss marino bravo


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