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les Récits : Rome 2017 : Que demander de plus ?
Posté le Mercredi 19 avril 2017 @ 00:21:35 par webmaster

MarcB écrit "

Marathon de Rome, 2 avril 2017

Il y a quelques mois, Francesca avait suggéré une participation familiale au marathon de Rome 2017… Personne n'avait osé refuser et Sébastien s'était même ajouté au groupe. Je passe sur les modalités d'inscription: un florilège de complications administratives que n'aurait pas renié Kafka, voire le plus pointilleux des constitutionnalistes belges. Mais il suffit souvent de trouver un meilleur ami pour passer du bas de la pile à son sommet et heureusement l'Italie ne fait pas exception. Après 3852 e-mails, Silvia est devenue cette nouvelle meilleure amie et quelques jours avant l'épreuve, ouf, nous étions en règle. Nous, c'est-à-dire seulement les garçons. En effet, les filles avaient dû renoncer pour des motifs de santé. Mais ce n'est que partie remise et elles ont à présent un an pour trouver la sortie du labyrinthe organisationnel romain puisqu'elles sont d'ores et déjà inscrites à l'épreuve 2018, qui se disputera le 8 avril.

Samedi à l'expo, la cueillette du dossard s'est faite sans anicroche et après avoir livré nos chocolats belges à Silvia en guise de remerciements pour services rendus, il n'y avait plus qu'à s'hydrater, se reposer et faire le plein de carbohydrates en attendant le départ…. Ce fut fait à la manière de chacun. Sieste pour Seb, sieste sans dormir (et ouais) pour Fede et … petit décrassage aux alentours du Colisée pour moi, en compagnie de Elena.

Dimanche, après une nuit plus ou moins acceptable et un petit-déjeuner copieux, nous avons quitté l'appartement et nous sommes rendus à trois Via dei Fori imperiali où se donnait le départ. Contrairement à la veille, la météo promettait d'être moins clémente et à la place du doux soleil aux parfums d'oranger et de jasmin, nous aurions droit à quelques ondées violentes.

L'attente s'est faite entre toilettes chimiques et longue promenade autour du Colisée. Et les premières gouttes sont tombées au moment précis où nous nous élancions sur les sanpietrini de Piazza Venezia au son d'une fanfare militaire. Nous sommes partis à trois et prudemment. Seb se méfiait de la contracture qui l'avait empêché de conclure comme il faut son entraînement ces dernières semaines et il avait sans doute également en tête les appels à la prudence répétés sagement par Elena. Un premier marathon, c'est toujours un saut dans l'inconnu. Et c'est précisément parce qu'il avait déjà vécu deux fois l'expérience que Fed avait lui aussi opté pour la prudence. Quant à moi, le rythme pépère me convenait bien parce que je serais à nouveau sur le pont le dimanche suivant à Rotterdam. Conjonction d'intérêts, donc… Et je passe au présent de l'indicatif, tiens.

Après deux averses courtes mais méchantes, nous franchissons donc le km 5 Via Ostiense en 28'19, sans que la densité du peloton y soit pour quelque chose. Aux alentours de Eataly, c'est l'orage. En quelques secondes, le ciel déverse sur nous des trombes d'eau alors que le vent de face s'acharne à nous retenir sur la rive sud du Tibre. Heureusement, cela passe rapidement… C'est le moment que choisit Seb pour accélérer quelque peu, rassuré certainement par la discrétion de sa contracture. Nous nous souhaitons bonne chance et prenons congé. Lentement, le voilà qui s'éloigne de nous et remonte le peloton. Il déroule une foulée légère. Pourvu que ça tienne, nous disons nous. Entretemps, nous voilà rendus au kilomètre 10 (Via Rolli) et le chrono affiche 55'53. Très légère accélération pour nous caler dans un rythme confortable après le prologue… L'ambiance dans le peloton est plutôt calme et bon enfant, alors que par endroit le public fait beaucoup de bruit le long de la route. Il y a de nombreux coureurs étrangers, en majorité Français. Mais on aperçoit aussi des personnes venues de beaucoup plus loin: Corée du Sud, Mexique, Costa Rica, Israël… Il est vrai que le marathon de Rome est particulièrement spectaculaire et passe devant la plupart des monuments remarquables que recèle la Ville éternelle. Nous longeons Castel Sant'Angelo et bientôt c'est le Pont Cavour, suivi un peu plus loin de la Via della Conciliazione puis de la place St. Pierre au moment où, une nouvelle fois et exactement comme il y a trois ans avec Elena et Olivier, le ciel ouvre ses vannes. Tout va bien pour nous et cela ne nous empêche pas de jouir du majestueux spectacle. Fede maîtrise son allure à la manière d'un véritable pro et sans changement de rythme ou gaspillage d'énergie. Aux ravitaillements, je m'arrange le plus souvent pour chercher à boire pour nous deux et parfois concocter un savoureux cocktail à base de Powerade. Y'a bon!

Viale Mazzini, c'est déjà la mi-course. 1h57'21, tout baigne si j'ose dire. Surtout mes pieds, parce que je n'ai pas été le plus habile à éviter les flaques. Encore deux kilomètres et on verra Francesca. Plitch, plotch, plitch, plotch plouf… La voilà! Ca fait toujours un bien fou. Un petit bisou, de bonnes nouvelles de Seb qui est passé cinq minutes avant nous et d'Elena qui va terminer la course avec lui, puis nous entamons le morceau le moins sympa du marathon, le long du Tibre en direction des Parioli. A part l'Olimpico, il n'y a pas grand-chose à voir par ici… Pas question de fléchissement, toutefois… Km 25: 2h18'48 (Ponte Duca d'Aosta) et km 30: 2h46'16 (Viale della XVII Olimpiade). La foulée de Fede reste fluide. En réalité, je l'ai rarement vu courir de façon aussi économe. Et son état d'esprit demeure positif. C'est super, car l'an dernier au même moment à Hambourg ça faisait déjà un petit bout de temps qu'il était dans le dur. Aujourd'hui, tout va bien. J'avoue qu'il m'impressionne. Les kilomètres défilent en douceur. Une petite montée suivie d'une agréable descente et c'est le demi-tour vers l'arrivée.

Puis, déjà le kilomètre 35 (3h14'02). Des métronomes, je vous dis! A partir de maintenant, Rome nous offre ce qu'elle a de plus beau. Piazza di Spagna, Piazza del Popolo, Piazza Navona…. Mais au kilomètre 38, sans autre avertissement, c'est la frayeur! Fede lance "j'en peux plus". Oh noooon. Pas maintenant… Je crois d'abord à une plaisanterie, mais il n'en est rien… Pourtant, aussi brusquement qu'elle est arrivée, la défaillance se fait la malle. Emportée par la détermination de Fede à ne pas se laisser gâcher la journée. Via del Corso, y'a plus qu'à! Et divine surprise, Francesca est là et réussit à nous identifier dans le peloton. Malgré sa fatigue et sa douleur, Fede continue son chemin. Nous dépassons des grappes de coureurs à la dérive. Le 40me kilomètre est atteint en 3h42'05, puis c'est la dernière difficulté du parcours. Un faux plat se terminant à l'issue d'un horrible tunnel. Il ne reste plus que 1295 mètres et… non… mince… voilà Seb. Il a du mal et avance désormais au ralenti. Bienvenue dans le monde fabuleux du marathon. Sur le trottoir un peu plus loin, Elena l'encourage, le houspille. J'espère qu'il parviendra à nous emboîter le pas, mais hélas ce n'est pas le cas. Fede, quant à lui est comme possédé - j'ai l'impression de voir Olivier il y a trois ans. Une dernière descente à tombeaux ouverts dans laquelle il exorcise sa souffrance en un hurlement démoniaque, puis un sprint où j'ai du mal à l'accrocher, nous jette sur la ligne d'arrivée. 3h54'04! Magnifique. La fin fut un peu plus difficile, mais sans altérer réellement notre vitesse de croisière coincée tout le long de la course à 5'33/km. Seb arrivera deux petites minutes plus tard.

Il nous faut pas mal de temps pour quitter la zone et rejoindre l'appartement. La pluie s'est remise à tomber, drue et implacable et la couverture thermique supposée nous en protéger vole à tous vents. Mais le froid, la douleur, la fatigue laissent très bientôt place à un agréable sentiment de plénitude. Seb est marathonien et Fede améliore sa marque de plus d'une minute sans réellement puiser dans ses réserves. Quant à moi, je suis le plus heureux des hommes: j'ai désormais couru le marathon de Rome avec Francesca, puis avec Elena et enfin avec Fede! Que demander de plus?

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MarcB
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