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les Récits : Blaye 2017 : 100ème étoile
Posté le Vendredi 26 mai 2017 @ 10:58:47 par webmaster

RunninDoum écrit "

Les jours d’après un moment exceptionnel, on ressent comme un grand vide…
La fête est déjà finie, moi qui l’attendais depuis si longtemps. Les lumières se sont éteintes, la musique a cessé, les amis sont repartis, et j’ai presque fini de métaboliser toutes ces agapes.
Centenaire, ça y est, je l’ai fait…
A grands coups de « je n’aimerais pas être à ta place », ils m’avaient bien mis la pression ! Et c’est déjà du passé, que le temps qui fuit est impitoyablement ingrat !

C’était hier. Nous sommes partis sous une pluie battante (l’angoisse !) très tôt de la maison avec Alex et Nono83, non sans avoir finalisé la veille au soir le carboloading avec quelques ti-punchs et une bonne bouteille de Médoc. Nous étions sur zone avec une confortable marge pour retirer les dossards (et les deux bouteilles de vin de Blaye) et rentrer dans la peau de nos personnages. Matador bleu pour Nono, tutu et maquillage bleus pour Alex, et Avatar le retour(*) pour moi (avec des crocs –bleus- cette fois-ci). L’armée bleue. J’avais perdu mon arc, je l’ai remplacé par une authentique lance wayana ramenée de Guyane.
½ heure de peintures plus tard, nous commençons à rejoindre le cœur de la Citadelle pour débuter les festivités. Ils sont venus, ils sont (presque) tous là : les Roadrunner38 en Mignons tous jaunes, Grenouille et les niçoises Giz et Monette toutes en paillettes, Marino pirata, ElPalmero grand chef emplumé, Gilles Mozart, Bomber en tutu (impressionnant !), SuperWoman Lida, James West Pinkrunner, PConvert en costume à moustaches de chez PConvert, les Colis38 arlequinés, Bob Bikila Marley jouant l’alliance avec les Kékés du Bocage qui célèbrent aujourd’hui le 200ème marathon de Chantal sous l’œil attentif de son tri-centenaire de Pascal ( !!!), Carpediem de retour aux affaires en éternel Charlie que l’on retrouve enfin, deux indiens dans la ville, le Tonkinois en poulet multicolore, la superbe Bobosse family, l’inusable Rodgers’s, PGaz … la grande famille Courir Le Monde, une vraie belle équipe toujours dans le ton de la fête qui ne demande qu’à commencer, au milieu d’une foule de doux dingues dont certaines figures légendaires comme notre Jésus national. Des dizaines de ballons rouges flottent au dessus du peloton…

Nono a fait floquer un drapeau tricolore pour l’occasion, avec en grosses lettres sur le blanc « Runnindoum - 100ème marathon – Courir Le Monde ». Il le portera toute la course pour m’ouvrir la voie (jusqu’à ce que je le perde de vue !). Et certains ont tatoué sur les joues « Doumé 100 ». Pression ? Non !!
Dans l’euphorie de cette matinée, le peloton est libéré et s’élance pour ce qui totalisera en ce qui nous concerne 7 heures voire plus de rigolade, de coudes levés, et d’yeux sortant des orbites à la vue des ravitos spéciaux blayais. Dont hélas on regrette qu’ils arrivent un peu tardivement (1er test vinique au km 8 après la côte de la route des Arnauds, terrible et assassine.
Au km 3 je rattrape la petite équipe des Epicurun33, Sarah qui court son 1er marathon accompagnée de Sam, Fabrice « Dobie23 » Imperator, et Nicolas. On papotera quelques instants jusqu’avant ce fameux 1er ravito, le temps de leur présenter quelques CLM autour de moi. Après je les perdrai définitivement, basculant du côté obscur comme c’était éminemment prévisible, et je ne les reverrai plus !

C’est alors la lente traversée de la campagne girondine et de ses villages en fête, ballons, orchestres, poupées, jolies petites majorettes, et toujours ce groupe de danseurs folkloriques au lieu-dit Mazion où une dame me guide dans une euh… bourrée ? Avec Nono83 avant qu’il ne nous sème pour mieux nous attendre plus loin, et avec Bob Bikila, Lida, Chris 3364 ou Mozart, on trinque de plus en plus fréquemment.
Nous sinuerons tranquillement de poste de survie en poste de survie pour atteindre le semi-marathon en presque 3 heures. Ce qui nous fait penser qu’il faudra être vigilant, en effet si la 2ème partie du parcours est moins physique en termes de D+, elle est au contraire redoutable au niveau gastronomique avec des enchainements de niveau international !! C’est là qu’on retrouvera les pâtés, saucisses, merguez, omelettes à l’ailler ou aux asperges, magret de canard et autres écrevisses (quoiqu’hélas nous ayons loupé ces dernières car arrivés trop tard !!). A méditer pour l’année prochaine : résister aux premiers pièges pour mieux se vautrer dans les suivants. Notre petit groupe progresse, butinant avec gourmandise les agapes proposées. Je crois que nous n’avons raté aucun poste de ravitaillement, trinqué et trinqué encore, dix fois, vingt fois fois, affichant un coude droit des plus respectables lors d’arrêts terrifiques de parfois 20 minutes ! SuperLida a optimisé ces quelques km partagés par une « en-route french lesson » œnologique, aux accents de vins rouges ou blancs, de pineau, et…de rhum !


(*) : Marathon des Vignobles d’Alsace 2010

A Saint-Seurin de Cursac, le fameux et attendu arrêt Guyane organisé par le fidèle Teddy de Cayenne est à la hauteur de sa réputation et de nos attentes, avec ses cubis de rhum « Belle Cabresse » à déguster en ti-punch ou en planteur, et ses accras sublimes. Encore un qui a fait du mal aux jambes, surtout situé au km 22 ! Curieux comme je ne l’attendais que 4 ou 5 km plus loin dans mon souvenir (éthylique) !
Comme d’habitude nous avons beaucoup trinqué, mais aussi beaucoup dansé et chanté ! Comme à Cars où Tony nous embarquait dans une boiteuse spéciale « 100 de Runnindoum », ou un peu avant lors d’une tentative de paquito sur l’air de l’aviron bayonnais, pendant laquelle j’ai failli mourir écrasé sous le poids généreux et enthousiaste de Bobosse !!
Sur un plan technique, mon simili-morphsuit Avatar m’a donné bien du fil à retordre lors des petites pauses techniques, obligé que j’étais de me déshabiller pour aller faire pipi… Ce qui fait que vers le 30ème kil, n’en pouvant plus, j’emprunte une paire de ciseaux aux gentils habitants tenant un stand de ravitaillement pour définitivement opérer ma combinaison façon épisiotomie sous le regard horrifié ou mort de rire de mes voisins de libation !

Le temps s’écoulait doucement et trop vite, paradoxe de ces marathons festifs dont on redoute la fin, et nous arrivions au km38. Bikila faisait fort justement remarquer que l’on allait être un peu en retard (temps limite autorisé 7 heures). Une ultime petite angoisse m’a alors traversé l’esprit (et si j’arrivais hors-délai et donc non classé ?… marathon non comptabilisé ?? horreur, malheur !) et je suis parti tout seul après un dernier godet de nectar blayais, délaissant mes compagnons de route pour boucler les derniers kilomètres d’une traite à 11 km/heure ! Parcours borné au milieu de rien par une marque au sol indiquant 42,195m km suivie d’une autre « maintenant ce n’est que du bonus » pour totaliser 43,5km sous l’arche d’arrivée, ultime surprise de l’Organisation !

Arrivé au pied de la Citadelle je retrouvais Tony El Palmero, Carpediem et Mozart qui revenaient me chercher pour partager avec moi la dernière ascension et m’accompagner jusqu’à la ligne. Ma 100ème finish line…
Dans l’euphorie et l’émotion il faut bien le dire, je m’agenouille sur la ligne et la franchis en la savourant, aux pieds d’Hélène qui sachant bien sûr l’importance du moment pour moi m’attendait pour accueillir ce « grand malade » comme elle m’appelle…
La puce sonne la fin de la partie. 7h16, record battu.
….(je savoure) …
Magnum spécial « déguisés » en poche, après une bonne collation de fin de course avec huitres et vin blanc pour prolonger l’instant présent sur site, vint l’heure du banquet de fin d’aventure.
La soirée fut extrêmement festive, un grand moment d’amitié et d’émotion, où autour d’une longue tablée, chacun partagea ses souvenirs du jour en trinquant à nouveau, encore et encore…
Autour d’une bonne entrecôte nous avons parlé, chanté, ri, et ri encore. Délicate attention, El Palmero m’a offert un « Nestor d’Or spécial Centenaire pour l’ensemble de mon œuvre » que je m’empresserais de mettre sur la cheminée à la grande joie d’Hélène !!
PConvert en maître de cérémonie m’a offert l’affiche officielle du marathon sur support alu, dédicacé en direct par les centenaires qui y figuraient cette année : Jésus, Danye et lui-même.

J’ai reçu l’objet fantasmé depuis quelque temps, l’écusson du « 100 marathons Club France CLM ».
Entouré de 6 centenaires confirmés, c’est dans la grande tradition de Courir Le Monde qu’à peine ¼ d’heure plus tard j’ai officiellement remis le t-shirt de cinquantenaire à PGaz pour l’occasion. Déjà au travail, pffff…
J’ai été choyé, fêté… Ce fût un moment rare comme on aime à les provoquer dès qu’une occasion se présente, avec ma famille de la course à pied.
Mais le temps passait et il fallait une nouvelle fois se quitter en se promettant comme dans tout bon film romantique de se retrouver très vite (sauf que nous, on la tient, cette promesse).
Merci mille fois, mes amis.

Ainsi débute le premier jour du reste de ma carrière de coureur…

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RunninDoum
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