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les Récits : Big Five 2017: Gazelle parmi les lions ! Non, je plaisante, bien sûr!
Posté le Samedi 15 juillet 2017 @ 16:54:51 par webmaster

montoubib écrit "

Big Five Marathon
C'est une course dont je rêvais depuis bien longtemps mais il a fallu convaincre auparavant mon mari qui finalement, a exaucé mes vœux après plus de trois ans de sollicitation.
Inscription 2016: premier essai en février 2016. Hélas, les places se sont vite vendues.
Inscription 2017. Pré inscription en août 2016, inscription définitive en octobre 2016. Ouf! Et encore, pas dans le lodge souhaité.
Puis au cours des mois, tranquillement, les infos pratiques de la course et du package me parviennent. Tout à l'air bien organisé, nous partons sereins.
22 juin 2017. Accueil par les membres du Big5, nous sommes dispatchés entre différents cars.
23 juin 2017. Veille du marathon.
Lakeside lodge. Situé au sommet d'une montagne. Point de départ et d'arrivée du marathon et du semi. 1200 mètres d'altitude. 1500 mètres de dénivelé cumulés.
Après une brève présentation des organisateurs de la course, nous partons en repérage du parcours afin de prévisualiser et de mieux appréhender les difficultés à rencontrer demain.
Que dire? C'est juste un enfer avec une succession de montées et descentes, d'un interminable passage sur du sable fin et quelques kilomètres sur des cailloux.
J'essaie de ne pas trop y penser.
Que sera, sera.
Le convoi comporte plus de dix voitures qui dégagent tellement de poussières que nous toussons presque.
Le paysage est grandiose, le voyage en vaut vraiment la peine.
Après 42.195 km en véhicule tout terrain , retour à Lakeside pour un lunch réunissant tous les coureurs ainsi que leurs accompagnateurs et les organisateurs. Je récupère également mon dossard ainsi qu'un élégant tee shirt gris.
Nous regagnons ensuite notre lodge le "Honeyguide Rangers Camp " situé à 1h du départ.
Samedi 24 juin 2017. J4
Pendant une bonne partie de la nuit, la toile de tente a vibré et les rondins de bois ont grincé. Ce qui nous a maintenu éveillés 2 bonnes heures.
A 5h, un roulement de tambour (réveil africain) nous ramène à la réalité. C'est le grand jour tant attendu. Celui du Big five marathon. Mes affaires sont prêtes depuis la veille. Comme les vingt six dernières fois.
5h30. C'est une organisation militaire et nous voilà tous attablés, calmes et concentrés pour notre petit déjeuner. Chacun a sa formule, sa potion magique.
Ensuite, dans la nuit noire, nous prenons place à bord des 3 safaris cars pour le départ des deux courses au programme : semi et full marathon.
7°C. Nous nous emmitouflons dans les ponchos matelassés fournis dans les véhicules. Heureusement car le vent glacé nous fouette le visage et nous transperce le corps.
En chemin, nous admirons le lever du soleil sur les montagnes environnantes et nous croisons un lion assis tranquillement sur le bord de la route.
La routine , quoi!
Lakeside. Tous les coureurs venus des autres lodges du parc sont maintenant rassemblés.
Un local non fermé nous est réservé pour y laisser nos affaires. Question de confiance.
Puis tandis que certains s'échauffent consciencieusement, d'autres en profitent pour prendre et se prendre en photos. Ce qui est mon cas .
C'est l'heure de partir. Sur un air entrainant joué par l'orchestre local, nous demarrons en trombe.
Nous démarrons par une belle descente qui permet de nous échauffer les gambettes car ce qui nous attend n'est pas qu'une simple partie de plaisir.
Curieusement, je ne ressens pas l'essoufflement lié à l'altitude comme lors du semi de Yellowstone en 2016. Mais j'essaie de pas partir en trombe.
Beaucoup me dépassent mais je ne veux pas les suivre. Nous savons tous ce qui nous attend au tournant.
Une descente abrupte que même les 4×4 abordent avec délicatesse, suivie d'une longue marche/course dans le désert de sable fin pendant 9 km vont m'achever. Ensuite retour au pied de ladite côte qu'il faut grimper avec des pentes à 45° voire parfois 47°.
Commencons par cette fameuse descente que je décide d'aborder en zig zag, comme sur la video vue sur internet. Non seulement c'est drôle, mais en plus c'est efficace, mais je pense y avoir perdu pas mal d'énergie. D'autres choisissent de descendre en marche arrière, curieux mais moins traumatisant aussi. Heureusement que mes tendons d'Achille et mes genoux tiennent le coup.
Pendant les parties difficiles, je m'arrange toujours pour m'accrocher à quelqu'un.
Ici, il s'appelle Brett et est américain.
Lorsque nous nous élançons sur le chemin de sable fin et profond , mes pieds sont lourds, comme cloués au sol. Je m'essaie de temps à autre à courir mais cela me demande tellement d'effort que j'y renonce rapidement . Néanmoins, pour ne pas abandonner, je décide de m'accrocher à quelqu'un. Ce sera ce jeune homme dont je copierai chaque allure jusqu'à ce que je le dépasse. Puis ce sera son tour. Jusqu'à ce que nos allures s'accordent naturellement.
Le sable fin et profond n'est agréable qu'au bord de la mer , croyez-moi. Et ici, je ne suis pas la seule à le penser.
Voici la fameuse montée, en réalité la même côte abrupte que nous avons dévalé dix kilomètres avant.
Nous sommes un groupe de cinq qui l'affrontons ensemble. Arrêt imposé tous les 5 mètres pour souffler un peu. Je m'aide de mes mains pour soulager mes quadriceps. Mais je me sens bien.
En haut d'une côte, un photographe est posté mais nous n'avons même pas la force de faire semblant de courir pour la pause.
Nous n'échangeons que quelques mots durant nos trois heures passées l'un à côté de l'autre. Pendant un long moment, nous nous retrouvons tout seuls sans personne ni devant ni derrière nous.
Quand l'un flanche, l'autre prend le relais, alternativement et instinctivement. C'est ainsi jusqu'au 38ème où je vois qu'il a envie d'accélérer. Je ne peux pas le suivre et je ne veux pas le retarder . Il est désolé de me laisser seule mais je l'assure que ça va aller pour moi.
J'alterne tranquillement marche/course. Je dépasse un coureur encore plus fatigué que moi et me fait dépasser sur le dernier kilomètre par un autre. C'est ainsi.
J'entends au loin les clameurs de la foule et la voix du speaker qui annonce les arrivants.
Je regarde devant moi: personne, derrière : idem.
C'est donc à mon tour de monter sur scène. Je rassemble mes forces pour me remettre à courir dans les derniers deux cent mètres.
" Clara from France ". Je suis tellement grisée que je sprinte sur les derniers mètres avant de m'écrouler dans les bras de l'organisateur venu remettre la médaille.
"Oui, je vais très bien", je lui réponds devant son air inquiet .
Ensuite, je rejoins mon mari qui m'attend toujours aussi patiemment aux aires d'arrivée de chacune de mes courses.
Enfin, j'apercois Brett arrivé cinq minutes avant moi . Nous nous congratulons et nous remercions mutuellement. Je lui dis être désolée de ne pas avoir poursuivi avec lui. Il me répond que c'était un honneur de courir avec moi. Trop sympa!
Je me change rapidement pour nous restaurer au buffet froid préparé par les organisateurs de la manifestation.
C'est au retour vers notre lodge que nous avons la chance de croiser une autruche, un rhinocéros visiblement intrigué par notre présence, des girafes, deux lionceaux essayant de chasser lesdites girafes, un troupeau de gnous.
Le dîner est vite expédié car tout le monde tombe de fatigue donc de sommeil.
C'est une journée pleine d'émotion.
Nous plongeons dans notre lit dont le matelas préchauffé nous accueille avec bienveillance.

En pratique : la seule façon de participer à cette course si on ne réside pas en Afrique du Sud est de passer par le seul Tour Albatros Adventures qui propose un package de 6 ou 8 jours tout compris sauf les boissons (même l'eau est payante), le pourboire et quelques activités en extra. Prise en charge par une équipe très efficace et sympathique de l'arrivée à l'aéroport de Johannesburg au départ de ce même aéroport.

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