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Givry 2019 – Un meuretthon en famille

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L’an dernier, j’avais aussi laissé ce dossard à l’infirmerie, je pleurais d’autant plus que j’étais à 30km de l’évènement ce week-end-là… Et enfin, le tant attendu marathon des Vins de la Côte Chalonnaise dont je me délectais à l’avance nous accueillait en cette fin d’hiver 2019, très jeune et pourtant déjà très réputé marathon festif. De plus, cette année ce sera la grande première de Thomas, mon jeune gendre bourguignon…

Arrivés en début de week-end pour prendre le pouls de la région et aussi il faut bien l‘avouer pour commencer à « s’acclimater aux climats » qui font sa réputation, nous étions impatients et arrivâmes assez tôt sur zone dimanche matin pour retirer nos dossards… et me laisser le temps de faire renaitre le grand William Wallace au chaud dans la voiture. En 20 minutes, le « saltire » bleu à croix blanche, plus vieux drapeau au Monde, avale mon visage ; ma Claymore et mon kilt sont contents de reprendre du service.

Au village marathon, un important groupe de CLM est là qui parade en costumes bariolés, Robotcop78, PinkRunner, les Convert’s, PGaz, les RR38’s, Cagouille, Dingdong, Keyzer, Will36, Bea… sont métamorphosés en Captain Cheese, Tintin, abeille, tyrolien, Oncle Sam, requin, athénien…fiers sous les flashes qui crépitent au stand de présentation des déguisés ! Photo de groupe, photos de stars, on prend notre temps… A propos de stars, on trouve aussi les piliers du plateau national, Pascal et Chantal « ne comptent plus », Jésus, Philippe le Bagnard, déjà présents aux Forts du Périgord il y a 15 jours, Gaétan l’ultra- Centurion…

Le soleil brille, il fait froid, et la journée s’annonce superbe ; contents de nous retrouver nous sommes simplement bien tout au fond du peloton ! C’est ainsi que nous franchissons la ligne de départ en bons derniers, à petite allure, en papotant. Thomas est décontracté mais concentré, avec son timide déguisement d’une plume et de peintures de guerre, le pauvre commence à réaliser qu’il est tombé sur des dingues !

Le 1er arrêt, nous est proposé au km 6 dans les jardins du château de Germolles, demeure des Ducs de Bourgogne, avec une première dégustation de gougères arrosées de crémant …très bon début !

Au km 8, se trouve un croisement stratégique en haut d’une côte, où Maeva et Hélène sont là pour un premier encouragement / photo. Le parcours s’annonce bien vallonné ! Quelques mètres plus loin, on arrive au niveau d’un gars qui pousse une brouette noire contenant… mais… quoi ? Une enclume !

Je lui demande son poids… « 76 kg » répond-il, il court pour sensibiliser les gens à la maladie de Charcot avec son association « Josespoir », celle-là même qui a affrété un équipage de Joëlette que nous croiserons souvent sur la route. Sacrée performance pour le gaillard, j’aurai une pensée pour lui dans la mortifère cote du 36ème

Aux alentours du château de Chamirey, un verre de Mercurey et une petite tranche de rôti de porc nous revigorent comme il se doit. C’est alors une longue session sur route plus qu’ondulée qui nous emmène au nord avec un stop sous tente au 16ème km (qui sert aussi les coureurs sur le retour au 24eme). Entre temps nous aurons droit à de l’agneau, de l’andouillette, et encore et toujours du Mercurey !

Nous croisons les coureurs les plus rapides qui redescendent déjà vers Givry. Pas de déguisement,  pas de sourire, concentration et sueur… On approche de Rully et donc d’un changement d’appellation, ce seront Rully blanc et rouge que les gentils bénévoles nous proposent désormais, pour arroser des pâtés en route, du bœuf en gelée, ou des rôtis de porc,  encore ! Au km19, Thomas commence à chanter des chansons à boire (quels bons débuts sur la distance mythique), et décrit par le détail un endroit que l’on traverse, ou la recette d’une spécialité locale… Il est en forme, à l’aise, et ravi de nous faire apprécier sa région. On papote, on profite du printemps et des paysages.

Au château de Rully, les cors de chasse nous honorent de leurs notes, de nombreuses photos immortalisent ces bons moments. Les musiciens jouent et les terrines abondent ! Tout le long du parcours des orchestres variés mettent l’ambiance, auprès desquels parfois on se laisse tenter par une petite danse…

Et c’est la redescente vers Givry pour une portion commune au début. Tout ce qui a été descendu sera remonté (sauf le vin, cela va de soi), et vice-versa !!

Succession de montées et de descentes, parfois assez violentes, le parcours n’est pas une balade de santé (au total à l’arrivée j’aurai 600m de D+). Le paysage est somptueux avec ces immensités vertes s’étirant à l’infini, ces collines traversées par des routes serpentant au milieu des vignes, bordées de murets de vieilles pierres…Les villages traversés soignent notre culture locale avec la même question sur un panneau à l’entrée : « Comment s’appellent les habitants de… ? » Ainsi nous interrogeons les habitants de Saint-Jean ou Saint-Denis de Vaux (A Saint-Jean, un gars à qui je pose la question me renseigne illico : des Vallijeannois et des Dyonisiens). Mais comment s’appellent donc ceux de Barizey ou Jambles ??

Nous rattrapons Jésus à un ravito, il se promène au soleil de Bourgogne en profitant de chaque spécialité… Et les ravitos gourmands s’enchainent : jambon persillé, pain d’épice, terrines, comté… on revient sur du Mercurey, pour finir au Givry ! Mais si l’horloge tourne sans ciller, les jambes assurent peut-être un peu moins vaillamment et lorsque je demande à Thomas comment il va, je suis assez surpris de l’entendre me répondre qu’il a mal partout, les jambes en bois et plus de jus; en effet, lorsque nous marchons dans les grosses côtes, lui les court en jeune cabri, intégralement, pour nous attendre au sommet sans rien laisser paraitre !! Il vient de faire connaissance avec le légendaire mur du 30ème ! Malgré cela, toujours il nous suit ou nous précède de près.

Km 33. A l’arrêt au village, surprise pour Thomas, son père est là dans la foule pour accueillir fièrement son fiston.

Ensuite jusqu’au km 36 c’est un (vrai) mur qui se dresse devant nous, jusqu’à ce qu’enfin nous atteignions le point culminant de la course 3 km plus loin, ouf !! Les dernières montées étaient sauvages… Nous sommes récompensés par du jambon (au Givry) puis par une longue descente à travers champs par des sentiers rocailleux que je dévale avec légèreté, tout en restant vigilant car si ma cheville s’est aguerrie avec le temps je reste méfiant même si ça se passe plutôt bien.

Km 41, c’est le ravito légendaire, celui que tous attendaient, les fameux œufs en meurette… Un régal, cuits à point avec la sauce au vin et les petits bouts de pain… Nous partageons un bon moment gourmand en prenant le temps de la dégustation, à côté des courageux de l’équipe Josespoir et sa Joëlette, magnifique équipage.

Il ne nous restera qu’à nous laisser glisser jusqu’à l’arrivée, nous passerons sous l’arche en ligne, Thomas bien entouré de ces vieux routiers, pour sa première médaille.

 

William Wallace a bien plu et a gagné une bouteille supplémentaire. Pour refaire un peu l’Histoire, je la boirai à la santé de l’Ecosse et de la Bourgogne.

 

Une région où je reviendrai à coup sûr pour la prochaine édition, et l’autre qui depuis longtemps me fait de l’œil du côté d’Inverness. Mais chuuut !!!

 

Marathon des Forts 2019 – Le releveur et le silex
 

Commentaires 2

Robocop78 le vendredi 3 mai 2019 17:51

Comme j'ai vécu au plus près ton odyssée bourguignonne, je ne m'étendrai pas trop. Content d'avoir retrouvé Wallace rencontré au Maraisthon en 2012.
Inverness, ce ne serait pas le Drama Marathon ? ?

Comme j'ai vécu au plus près ton odyssée bourguignonne, je ne m'étendrai pas trop. Content d'avoir retrouvé Wallace rencontré au Maraisthon en 2012. Inverness, ce ne serait pas le Drama Marathon ? ?
Aïolirun le lundi 6 mai 2019 19:36

Encore un bel opus bien arrosé ! bravo doumé !

Encore un bel opus bien arrosé ! bravo doumé !
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Invité
jeudi 23 mai 2019