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Vitoria Gasteiz : un marathon chez un champion du monde

Ces derniers temps, les semaines se suivent et se ressemblent pour le duo de Galopins CLM presque inséparables. Une semaine après le Marathon d'Albi, nous les retrouvons encore en Espagne du côté de Vitoria-Gasteiz. Pour les non spécialistes de la géographie espagnole, je précise que Vitoria-Gasteiz est une ville située au nord-est de l'Espagne et qui est à la fois la capitale de la province d'Alara et de la Communauté Autonome du Pays Basque en Espagne. Si son marathon est bien moins renommé que ceux de Barcelone, Madrid, Séville ou encore Valence, il présente toutefois un attrait spécifique pour les passionnés de marathons que nous sommes. Vitoria est en effet la ville natale de l'athlète Martin Fiz qui a été médaillé d'or sur marathon aux Championnats du Monde d'athlétisme de Goteborg en 1995 puis médaille d'argent deux ans plus tard à Athènes. Il reste aujourd'hui l'une des figures marquantes du sport espagnol et c'est tout naturellement que son nom a été accolé à l'épreuve organisée dans sa ville. 

Avec Christophe, nous avions coché depuis plusieurs années cette épreuve sans aller toutefois jusqu'à la concrétisation de ce projet. C'est donc bien motivés que nous avions programmé pour 2018 ce court déplacement prévu dans un premier temps sur deux jours. Mais quand Christophe m'a fait part de l'opportunité d'une Breakfast Run le samedi matin aux côtés de Martin Fiz, nous n'avons pas été longs à modifier nos plans et à anticiper notre départ au vendredi soir pour nous permettre de courir avec ce champion d'exception. Christophe nous avait dégotté un hôtel qui renfermait sa propre taverne irlandaise ce qui nous avait, vous vous en doutez, définitivement convaincu. Je retrouvais Christophe à Bayonne pour terminer la route ensemble et nous arrivions sur place en début de soirée. Pour l'anecdote, la chambre qui nous a été affectée dans un premier temps était déjà occupée. Je vous rassure, pas d'histoire égrillarde avec la surprise d'une femme nue sous la douche en ouvrant la porte de la chambre mais juste des bagages sur le lit qui nous ont fait rebrousser chemin et refermer discrètement la porte. Après ces péripéties, nous voilà au centre commercial tout proche pour dîner d'une pizza. Pour prolonger la soirée, nous nous attablons dans cette fameuse taverne irlandaise qui se révèlera bien décevante puisque cet endroit n'a d'irlandais que le décor.

Samedi matin, nous prenons la direction du stade du Deportivo Alavès où le rendez-vous est donné pour cette Breakfast Run de prestige. Nous y retrouvons un important groupe de coureurs venus de Valence qui met l’ambiance et bien entendu le champion attendu par tous. Nous allons courir à ses côtés un petit run de 5 km pendant lequel Martin Fiz se montrera charmant et très disponible malgré les nombreuses sollicitations pour des selfies. Le reste de la journée du samedi sera consacré au retrait des dossards dans un centre commercial puis d'une petite visite du centre historique de la ville qui vaut quand même le détour.

Dimanche matin, nous voilà prêts pour un nouveau marathon. Près de la ligne de départ, ce n'est pas l'effervescence d'un grand marathon mais les concurrents semblent bien concernés et ils s'échauffent sérieusement. Le placement dans les sas est libre et Christophe, fort de sa bonne performance la semaine dernière à Albi, est titillé par l'ambition de suivre d'entrée un rythme de 3h15. Pour ma part, je vais me contenter de l'objectif habituel autour de 3h30. Le peloton qui s'élance sous un beau soleil est assez conséquent avec le renfort du semi-marathon qui part en même temps. Comme prévu, Christophe prend rapidement ses distances et je vais le croiser une première fois dans le sillage du meneur d'allure 3h15 un peu après le 3ème km. De mon côté, les sensations sont assez bonnes et mon rythme est un peu plus rapide que prévu. Le début de parcours n'est pas des plus intéressant avec des avenues impersonnelles et des zones commerciales. Vers le 7ème km, je reconnais le centre commercial El Boulevard où nous sommes venus chercher les dossards. Nous longeons maintenant le cimetière de Santa Isabel réellement impressionnant par son étendue et la taille de ses monuments funéraires avant de passer à proximité de l'église St François d'Assise. Ce lieu fut le théâtre d’un massacre des travailleurs grévistes par la police le 3 mars 1976 en pleine période de sortie du Franquisme. Après le 10ème km, j'entends parler français à mes côtés. Je lie conversation avec deux coureurs basques qui viennent de Biarritz et nous allons faire course commune pendant une bonne partie du marathon.  Je croise de nouveau Christophe entre le 13ème et le 14ème km, il me fait signe que tout va bien pour lui. Les coureurs du semi-marathon nous ont maintenant quitté et le peloton s'est considérablement réduit. Je passe au semi-marathon en 1h40' ce qui me semble un peu ambitieux mais tout va bien. Il faut bien avouer que ce n’est toujours pas la beauté du parcours qui peut me détourner de ma concentration sur mon rythme de course. Vers le 28ème km, il y a une nouvelle fois un passage où les coureurs se croisent et cette fois, je vois Christophe un peu décroché par le meneur d'allure 3h15. Je lui crie de s'accrocher et pour le motiver, je le menace de le rattraper alors que j'ai un bon km de retard sur lui. Après le 33ème km, je sens les premiers effets de la fatigue et la chaleur commence à me peser avec une température qui s’est bien élevée. Nous voilà revenus dans la zone commerciale El Boulevard et j'ai bien du mal à me motiver pour ce final dans cet environnement assez désolant. Je suis un peu surpris mais ravi de passer un panneau qui annonce le 40ème km mais je suis ramené à la dure réalité 300m plus loin avec de nouveau un panneau 40 qui me semble bien mieux positionné. C'est alors que je suis rattrapé par Rudy, l'un des deux basques évoqués précédemment et sa présence va me relancer quelque peu pour terminer en beauté en moins de 3h24' à ma montre. Christophe m’attend sur la ligne, il n'a pas réussi son pari osé mais réalise toutefois deux beaux chronos sur marathon en une semaine.

Certes ce marathon, vous l’aurez compris, n'est pas le plus beau que nous ayons couru et son parcours ne nous laissera sans doute pas un souvenir impérissable. Malgré tout, finalement, en faisant le bilan devant une bière et une tortilla, nous sommes plutôt heureux de ce déplacement inédit pour les CLM. Assez fiers également de ces résultats très satisfaisants dans le contexte d'un calendrier pour le moins chargé puisque Christophe courait ici son 5ème marathon depuis mi-février et moi mon 8ème. Pour continuer avec les statistiques, il se trouve que c'était pour l'un et l'autre notre 14ème marathon en Espagne.

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Invité
lundi 27 mai 2019