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Cap-Ferret 2020, mon 1er marathon off

MDVDoume

A nouveau la magie opère, les douleurs s’estompent et les jambes renaissent, c’est l’arrivée triomphale, le dernier tour de la place ! Nous levons les bras dans les 195 derniers mètres, je sens la présence du tapis rouge et je me mets à hurler l’air de “Pirates des Caraïbes” à pleins poumons, qui nous galvanise chaque année… « ¯tadada tadadadadaa tadadadada taadadaaa ¯!! » mais aujourd'hui, c’est le désert, le silence, pas de foule en délire, les riverains vont nous tirer dessus ! Un bac poubelle à gauche sur le trottoir marque la ligne d’arrivée. Nous coupons les chronos, 4h34 - auxquels il faudra ajouter environ 45 minutes de ”stop - on est où?”. C’est l’euphorie ! Au bout de la rue, un tout petit groupe de coureurs nostalgiques nous accueille, on se raconte notre périple, pour marquer le coup ils se sont même fait une médaille...

Un peu plus tôt…

Ce marathon des Villages aurait dû être mon 12eme marathon de l'année dans un monde covid-free… Et il me tient particulièrement à cœur, entre ce merveilleux écrin qu’est la presqu’île du Cap-Ferret, et le fait que chaque année, c’est le grand rendez-vous des Laurette Fugain de Gironde, une journée chargée en ondes positives et bienveillantes!

Cette année, il était prévu de longue date que mon complice longues distances Nono83 vienne le courir avec moi pour la première fois… Et les annulations ont commencé, se sont enchaînées, comme une vague sans fin laminant tout espoir sur son passage… Alors il ne nous a pas fallu longtemps pour décider que, jusqu’à ce qu’on nous l’interdise, nous irions sur place honorer cette course engloutie par la pandémie, en la courant en off ! 

Après un samedi passé à arpenter l’autre rive du bassin, à Arcachon sous un beau soleil, nous nous retrouvions à Piraillan dimanche matin à 7h30 sur une place du marché déserte en train d’enfiler nos tenues violettes en grelottant (4°C ce matin) et de charger les camelbaks d’eau et de barres énergétiques diverses. J’ai évidemment égaré la poche à eau, perdu un quart d’heure ce matin à la chercher, et me contenterai de 2 flasks de 250 ml…

J’ai pris sur mon téléphone des copies d’écran détaillées de ma trace GPS d'une édition passée pour coller au plus près à la route officielle et surtout éviter de se perdre dans les méandres des passages urbains.

7h45, dans la nuit encore bien noire, nous déclenchons nos chronos sous les vivats de … personne, dans un silence total. Pas de vent, de chien, de chouette, le néant, juste les cris, les rires et la foule enfermés dans ma mémoire… C’est parti. La première petite boucle de chauffe pour revenir au point de départ est la bienvenue ,ça caille !, puis comme il n’y a toujours personne, on quitte les lieux sans regret pour un tour dans les rues du Canon. Nos croc’s avalent tranquillement les 1ers km, on s'est fixés un 5h - 5h30 pour profiter de ce début de journée avant un bon resto dans le coin pour récupérer! Une 1ère hésitation (il y en aura beaucoup) au 3ème km nous fait faire un petit aller-retour. Le jour se lève doucement, et les avenues défilent, “Goélettes, Henri Griset, René Brunen, Bellevue”... C’est curieux cette façon d'appréhender le parcours très attentivement alors qu'en peloton on se contente de suivre la masse… jusqu’à arriver à l’entrée de la forêt par la piste cyclable sur un petit parking où d'habitude se trouve le 1er poste de ravitaillement des Laurette Fugain.

En rentrant dans la forêt, on ressent tout de suite un rafraichissement de la température, selon des courants d’air plus ou moins frais en fonction de l’épaisseur de la brume qui ne se lèvera que plus tard. Le parcours va onduler sous les pins jusqu'à nous faire ressortir sans transition du côté du centre équestre. Grande nouveauté par rapport aux éditions officielles, aujourd'hui il y a plus de chevaux que de coureurs ! Nous traversons le monde hippique est en plein concours du même nom, sous le regard étonné des cavaliers voyant passer deux tâches violettes en croc’s… La sortie habituelle bloquée par une grosse butte de sable nous contraint à un petit détour sur un sentier sablonneux en forêt avant de retrouver la route quelques centaines de mètres plus loin. Une petite consultation des cartes plus tard, on arrive au km 10.

La route serpente beaucoup mais je reconnais quelques passages à l’approche du rond-point de la gendarmerie qui débouche de suite sur la ”terrible” montée de la Pointe aux Chevaux, que j'avais bien vendue à Arnaud, et dont l’ascension est récompensée très vite par une splendide vue plongeante sur le bassin à travers les pins, baigné aujourd'hui d'une belle lumière, le ciel est tout bleu! On longera le bassin dans le village de Piquey jusqu'à revenir à Piraillan vers le km16. Un petit arrêt au stand pour retirer nos vestes après une brève hésitation, il fait bon désormais, il y a un peu d’air mais pas de vent, et on parie sur la météo. J’enfile une genouillère en préventif à droite, et c’est parti pour la grande boucle, qui nous ramènera bien vite en forêt pour 6 km de piste cyclable.

Deuxième nouveauté par rapport aux éditions traditionnelles, c'est le feu d'artifice sonore soudain offert par les chasseurs, qui va nous accompagner jusqu'à l’entrée du cap-Ferret ! Incroyable, ils sont des centaines ou quoi ? Ca mitraille partout autour de nous, on en rigole, s'attendant à prendre du plomb dans les fesses ! Je suis très surpris, je pensais que cette zone était protégée… A ce moment on s’est trompés et au lieu de prendre la route avant le semi nous avons poursuivi sur la piste cyclable, qui la longe jusqu’en bas. C’était sans doute plus raisonnable aujourd’hui, il y a du monde en voiture ce week-end par ici… Ainsi nous croisons et saluons quelques coureurs qui remontent, reconnaissables à leur t-shirt orange de l’édition 2019!

On enroule le phare, dont on aperçoit de loin le corps blanc immaculé surmonté de son chapeau rouge vif caractéristique, quelques photos au passage et on poursuit le chemin en continuant de se perdre en loupant un tourne-à-gauche par ci, un tourne-à-droite par là… L'avenue de Bordeaux, l’avenue du Sémaphore, et toutes ces rues aux noms d'oiseaux qui les bordent…

Des allées traversières de grave nous conduisent peu à peu à l'extrême sud de la route. Ca y est, en face de nous, la plage sud, l’océan, avec à gauche la majestueuse dune du Pilat nous offrent cette vue fantastique! Nous sommes au km 28,5, 3h au chrono (que j’ai arrêté lors de nos pauses “mais où est-on?”). Le temps de prendre une photo devant ces vues emblématiques, - merci au camarade traileur en vacances qui passait par là - et nous attaquons la remontée à travers les fameux 44 hectares. En commençant par se tromper et prendre au moins 450 m sur l'avenue du Sémaphore… “On aurait dû tourner là ! ...non, là!”. Les allées ombragées, défoncées, et bien cachées (“Bel Ombrage, Colverts”…) nous ramènent Avenue de la Marne pour vite plonger à droite et traverser la partie que je préfère sur ce beau tracé, le village du Cap-Ferret, succession de petites cabanes d'ostréiculteurs, de petits restos sympas, débouchant sur des établissements renommés ici, comme la cabane d’Hortense, ou “chez Boulan”… avec une vue fabuleuse sur le bassin et ses nuances de bleus et de verts, de jaunes et d’ocres, des piquets, des bateaux à l’ancrage, le paradis des aquarellistes… Parfait pour faire oublier les douleurs plus que naissantes et le dos en vrille.

Nous traversons Cap-Ferret (The place to be), les cafés et les restos sont pleins de ray bans noires, il est midi et il fait beau… la covid est loin… On va peu à peu s'éloigner de cette agitation pour retrouver au km 34 la piste cyclable forestière qui nous faire remonter plein nord. On ressortira de ce passage un peu long, trop de silence... 4 km plus loin à L’Herbe pour longer à nouveau le bassin et traverser le village ostréicole de L’Herbe, bucolique et tranquille, où règne la sérénité, c'est le bonheur, on flotte ! Au bout le fameux escalier nous tend ses marches assassines avant la dernière descente vers le Canon. Traversée du village ostréicole (ils sont tous ostréiculteurs ici !) de Piraillan, ça sent l’écurie désormais, on enroule les quelques derniers virages, allée des cupressus, des lilas, et la rue du marché qui nous ramène au stand.

Ainsi se termina ce qui resterait comme mon premier marathon… off.

Il sera par contre tout à fait conforme aux courses officielles dans ses modalités de récupération avec un bon repas partagé tranquillement sur les rives du bassin, entre spécialités de la mer et bonne bouteille de vin blanc… la tradition, quoi.

TGCM 2020 - Montbron, Monde réel
 

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Invité
mardi 1 décembre 2020

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