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Notre Primo-Légende ou «L’Allongé et Le Gna version majorettes» - Marvejols-Mende 2021

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Oui, je n’ai pas honte de le dire… ce fût notre, ma première Légende !!!

Mon maître jedï, Palmero ayant lancé un nouveau défi de regroupement CLM post dé-re-dé-confinement, dé-couvre feu et après moult péripéties Covidiennes, je décidais de me raccrocher au wagon pour découvrir comme saint Thomas quels étaient cette fameuse légendaire course et ses contours CLMo-gastronomico-festifs.

Certes, mon équilibre hybride habituel dosé à 75 % randonneur et 25 % majorette dont le pourcentage Trail 2021 résumé à une page blanche totale, se voyait glisser vers le côté obscur, dévergondé par cette nouvelle sortie «route» après le fameux et fort apprécié rendez vous Marathon du Grésivaudan.

Mais le profil pentu de ce nouveau engagement n’était pas pour me déplaire et je signais allègrement ce nouveau dossard.

Nous étions donc partis avec Tintin, également enfadé dans l’affaire, pour une session covoiturage / co-hébergement.

Dossard en poche, Deltour Hôtel réservé il n’y avait plus qu’à attendre, impatient, jusqu’à la date prévue en imaginant cette future régalade et s’en délectant préalablement.

Un certain 9 juillet 2021, quelques semaines donc avant l’épreuve, alors que nos enfants étaient à bord de nostra casa pour fêter quelqu’anniversaires, notre discussion à table tournant autour d’un cadeau pédi-seyant à doigts pour randonneurs (lisez Five fingers VTrail) à mon intention, évoquait également mon calendrier de compétitions de CàP.

J’en venait inévitablement à ma participation à la Légende.

Mon fiston LeGna junior m’annonce ni une ni deux «je t’accompagne !!!». J’ai la berlue, cela me laisse coi. Lui qui, tour à tour fortiche en escalade, tir à l’arc et désormais badiste n’a jamais fait plus de 10 km de footing ???

Certes au bénéfice de sa jeunesse, la moitié de l’âge de son père exactement, je ne doute pas qu’il puisse passer la ligne d’arrivée mais quand même, dans quelles conditions ?

J’accepte, ému, cette proposition de duo Fils/Père en prenant soin tout de même d’évoquer les difficultés spécifiques de la course, celles liées au profil de Jérémy et au besoin d’un minimum de préparation et de stratégie pour pouvoir boucler proprement. Il a peu de temps devant lui.

Sa première résolution dit-il sera d’acquérir une paire de pompes ad’hoc dignes de ce nom.

Arrive vite l’avant-veille de la bavante, Jérémy le néo-Toulousain se pointe à Carcassonne.

Je le questionne illico sur son état de forme – Au top, son entraînement de bad a repris il est en jambes (en fractionnés il doit me défoncer…).

- «Et tes Asics, ça va, tu les as rodées ?»

- «Ouais, Je les ai portées tout le temps et couru un peu avec, des chaussons...»

- «Montre !» - il va vers son sac… et je devine subitement son visage décomposé doublé d’un «Meeeerde !!!»

-  «Quoi ?»

- «Je les ai oubliées»

Ça commençait bien… Par bonheur nous avons quasi la même pointure et je lui propose immédiatement ma paire neuve de Hoka Clifton – Il veut retourner à Toulouse pour récupérer ses pompes – juste 200 km aller/retour, je l’en dissuade. Il chaussera les Hoka et moi mes vieilles Brooks Glycérin. L’incident était clos.

Le samedi venu nous sommes frais et dispos dès 08h00, matos, valises chargés pour décoller, récupérer Tintin à Clermont-l'Hérault puis monter sur Marvejols, direction le retrait des dossards où les Venzal et Veron-Durand nous attendent vers 11h30. Nous y arrivons pil-poil de concert avec eux, Grenouille, Monette, Bomber, GoMa, Zeclown et sa moitié Miss Tagada. Argh…l’accueil dossard est fermé. Partie remise pour 14h00, il est donc décidé d’aller immédiatement gastronomer.

Tony a dû, de façon impromptue, réactive, changer de fusil d’épaule en raison de la météo. Le Buron initial ne se prêtant pas au temps frais et pluvieux du moment. Le CLM est frileux.

Nous nous dirigeons donc vers Nasbinals-centre où le précieux organisationniste a effectué une réservation de substitution qui se révélera fort judicieuse.

Nous évitions le 13 à table à la faveur d’un repas gargantuesque que je ne détaillerai pas (ceux qui n’y étaient pas n’avaient qu’à y être…) autour de fameux produits locaux - merci Tony. Il ne restera même pas la poire pour la soif tant les assiettes furent léchées, nettoyées, lustrées (sauf à priori Monette - non cela n’est pas de la délation puisque tout le monde le sait déjà – qui, semblait t’il, avait encore soif pour la poire).

Ça c’est fait… il ne restait plus qu’à aller retirer les dossards, Pass-sanitaire ou test Covid présenté et prendre chambre, direction Mende.

Nous faisions chambre Jérémy, Tintin et moi au Deltour à l’instar des Veron et Venzal. J’en avais réservé une pour deux et nous étions 3, Tintin, pourvu d’un matelas gonflable sera un occupant clandestin. La chambre est petite mais en poussant les lits ça le fera.

Repas du soir pris au Deltour, décevant, rapport qualité/quantité/service/prix plus que moyen. Mais on mettra cela sur le compte du Covid19. Douche, dodo, demain est un autre jour, pas le moindre stress dans l’assemblée. J’avais ébauché une mini stratégie pour emmener Jérémy au bout: partir à 6:00 au kilo pour voir et on adapte.

Dimanche jour J.

On se lève tôt pour chopper une navette bus vers Marvejols avant la dernière de 07h30.

Petit dèj, on enfile la tenue et petit coup de bagnole jusqu’au départ de la navette, question d’avoir des rechanges pour le retour, à proximité des douches.

Le trajet en navette est convivial en fond de bus comme des collégiens dissipés. Nous faisons connaissance d’autres sympathiques participants pour qui, étonnamment, certains des CLM n’étaient pas inconnus – Philippe Thuret, Jean Louis Valderama, Chantal et Pascal Comte... Le reste de l’équipe monte en auto à Marvejols. Sarah et Palmera restent au camp de base pour une session piscine.

Arrivée à Marvejols, il ne fait pas si chaud que cela. Photos de groupe traditionnelles faites, nous assistons au départ de la marche à 08h00 ou Palmero, Miss Tagada, Bomber et GoMa sont engagés.

Cricri s’échauffe, d’autres vont se taper un kawa avant le départ à 09h00.

Départ donné, à l’ambiance d’une banda, la masse des coureurs se dirige vers la traversée du pont, c’est la mise en jambes.

On fait un peu les bordures, question de ne pas se marcher sur les pieds, le peloton s’effiloche, le premier km est avalé au rythme convenu mais rapidement le tempo accélère car Jérémy est à l’aise, notre vitesse se cale entre 5:15 et 5:00 au kilo. Tintin est parti devant mais on le doublera dans le faux-plat montant avant la première côte. Je reste en observation continue de mon Padawan jusqu’au pied du Goudard «Ici l’enfer commence». Nous entamons la montée en réduisant l’allure et la foulée. Jey ne peut courir en continu, je lui conseille d’adopter une marche rapide. Il ne peut suivre ma foulée de randonneur, décide donc de fractionner course et marche, ça correspond mieux à son ADN. Jusqu’ici tout va bien.

Le col est en vue, l’ambiance au sommet est chaleureuse un peu comme celle d’un tour de France.

Nous basculons et l’allure s’accélère, la descente fait du bien à Jérémy qui récupère et gère bien, sans forcer l’allure, sa foulée est aérienne et souple. Mince ! une pointe à 4:45 tout de même.

Nous doublons Palmero et Bomber à mi descente puis Miss Tagada, 500 m devant qui affiche un sérieux rythme de marche.

A ce moment je vois encore Cricri qui est 200 m devant.

Arrive rapidement la seconde montée vers Chabrits. Le Psoas du fiston le fait souffrir, il doit alors se résoudre à alterner marche et course jusqu’au sommet. Le village sommital est en vue, pour Jérémy les derniers ravitos sont du bonheur, la boisson énergétique proposée le réconforte moralement et physiquement et il s’arrose la tête à grande eau minérale. C’est là que mes encouragements et la gestion des derniers Km doivent intervenir pour terminer.

La redescente s’amorce, plus le parcours avance, plus le visage de Jey se décompose. Va t’il tenir ? Je l’incite à dérouler avec souplesse et réduire l’allure. On voit la cathédrale, il reste 3 km… dont le fameux faux plat montant final du boulevard.

«P…n, 3 Km, pourquoi nous font ils faire ce détour ????» peste t’il.

Le début du boulevard arrive, l’écho du micro du speaker, les plébiscites du public, l’ambiance de l’arrivée portent le Padawan autant que son égo, il prend beaucoup sur lui et serre les dents pour finir dignement en courant, il s’arrache.

J’aperçois Cricri déjà arrivé il y a une bonne dizaine de minutes, qui nous encourage depuis l’arrière des barrières et me surprend à courir en marche arrière à coté du futur primo semi-marathonien. Je fais de mon mieux pour trouver les mots les plus motivants.

A 100 m de l’arrivée, un gars de l’organisation qui pense que je suis un accompagnateur m’indique de sortir avant la ligne. J’ai compris qu’il se méprend et crois que j’ai déjà fini, Jérémy voit que je n’obtempère pas m’emboîte le pas vers l’arche d’arrivée que l’on ne devine pas encore au détour d’un virage à 90°.

Je lui prend la main et nous franchissons la ligne ensemble, majorettes sans fanfare.

A ce moment l’émotion me submerge, la gorge nouée, les larmes aux yeux – Il l’a fait !!! 

2h11 et des brouettes – fantastique !!!

Jérémy est aux anges mais a besoin de se poser, il souffre du psoas

On tombe dans les bras l’un de l’autre affectivement avant de passer retirer notre petit sac au ravito d’arrivée.

La récup s’amorce en attendant les collègues vers la ligne.

Bravo Fils, je suis fier de toi. J’ai adoré ce grand et beau moment de partage inoubliable

Nous redescendons ensuite vers la voiture puis les douches avec Tintin et Jérémy. L’eau est glaciale mais bien revigorante.

Le repas de fin de course sera pris au Deltour réservé par Tony. Un peu mieux que la veille mais sans casser des briques. La mémoire de Palmero en avait pourtant un bon souvenir, les temps et les patrons changent. Cela vaut il le Deltour ? (Ok je sors)

Là Palmero délivrera le nom de baptême CLM «l’Allongé» au petit Gna – mais je laisse le privilège à Tony d’en dévoiler prochainement le fondement s’il veut bien.

L’Allongé récidivera t’il ? Peu de chances d’après ses dires mais laissons le digérer, le temps fera son œuvre…

Viendra ensuite le moment de nous séparer et rejoindre nos pénates en proférant de rapides prochaines échéances.

La «Légende» est assurément une expérience incontournable dans la carrière d’un coureur.

Un rendez vous CLM réussi, de nouveaux souvenirs de partage avec cette communauté fantastique, souriante, généreuse, simple et conviviale.

MERCI les amis

LeGna

TRAIL EN TERRES D'OC à La Salvetat sur Agout (34)
Cap-Ferret 2020, mon 1er marathon off
 

Commentaires 4

Aïolirun le jeudi 5 août 2021 18:16

Si le minot est baptisé par El Palmero obligé qu'il se retrouve un jour sur marathon ! Merci pour ton récit et pour ta persévérance bienveillante !

Si le minot est baptisé par El Palmero obligé qu'il se retrouve un jour sur marathon ! Merci pour ton récit et pour ta persévérance bienveillante !
LeGna le jeudi 5 août 2021 18:51

Avec grand plaisir Aïoli. Ben l'allongé il va falloir le convaincre...

Avec grand plaisir Aïoli. Ben l'allongé il va falloir le convaincre...:D
Pgaz le jeudi 5 août 2021 18:42

Bravo à tous les 2, très beau récit empreint d'émotions. Pour moi, la plus belle épreuve de ville à ville que j'ai couru. Concernant le parcours, il a été conçu un 25 décembre, en digestion de la dinde de Noël: cela peut expliquer la fin de course un peu bizarre. A bientôt pour de nouvelles aventures CLM.

Bravo à tous les 2, très beau récit empreint d'émotions. Pour moi, la plus belle épreuve de ville à ville que j'ai couru. Concernant le parcours, il a été conçu un 25 décembre, en digestion de la dinde de Noël: cela peut expliquer la fin de course un peu bizarre. A bientôt pour de nouvelles aventures CLM.
LeGna le jeudi 5 août 2021 18:52

Merci Patrick

Merci Patrick ;)
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Invité
mercredi 27 octobre 2021

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