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JORDAN RUNNING ADVENTURE RACE 2022

JORDAN RUNNING ADVENTURE RACE 2022

185 KM – NON STOP

DE PETRA AU SUD DU WADI-RUM

 Retour en Jordanie, 3 ans après avoir déjà tenté ma chance sur cette course. Une première qui ne s’était pas très bien passée sportivement (mauvaise prépa, surpoids, ampoules précoces et erreurs GPS) j’avais fini en +/- 51 h 30 après avoir fait 177 km au lieu de 165. C’est donc avec une envie de revanche que je reviens sur cette course qui fait 185 km cette année (182 km sur la trace gpx). Course faite en autonomie alimentaire, des Check-Points réguliers serviront aux pointages, repos, et fourniture eau froide / chaude, café, thé, coca. Un sac d’allègement nous attendra au km 131. Enfin, chaque coureur aura la trace sur le GPS de son choix pour éviter de se perdre (si, si, on peut se perdre)

Il y a 3 ans j’étais persuadé que je pouvais faire cette course en moins de 40 h. 20 km de plus cette année, l’expérience de la première fois, j’annonce un objectif à 45 h, mais je suis toujours à moins de 40 h dans ma tête. La course arrive, je ne pense pas être prêt, tous les trails faits en préparation ne se sont pas très bien passés, une grosse gêne au genou qui dure depuis 3 semaines accentue mes doutes. Seule éclaircie, j’ai réussi à atteindre l’objectif poids à 2 jours du départ, après 3 à 4 semaines de restriction.

Dimanche – Veille de la course

Visite de Petra le matin, après une première nuit sous grande tente très confortable (dans un vrai lit) dans un camp du désert. Grosse émotion, comme à chaque fois que je viens à Petra. On fait connaissance avec nos camarades de jeux lors du repas du midi sur le site. L’ambiance est détendue même si le stress est déjà bien présent dans ma tête, je ne pense pas être prêt et j’ai peur d’un nouvel échec.

Retour vers 15 h au camp pour une vérification du matériel obligatoire, perception des balises qui permettent de nous suivre (et de nous retrouver si on est trop perdu) 2l d’eau par coureur. On retourne à nos tentes, je prépare mon sac, je refais l’inventaire, je refais mon sac, mon sac délestage. Briefing d’avant course dans une ambiance détendue, ça y est, j’ai vraiment la trouille, j’ai déjà envie de pleurer. A partir de ces instants, je ne serai plus un agréable compagnon de voyage pour ma Choupinette, je m’en excuse et je la remercie vraiment de supporter tout ça.

                                      PETRA                          

                                             

Lundi – Départ > CP 1 – km 24

Réveil à 4 h 00, la navette doit partir à 5 h 30 pour nous déposer au départ. On fait les valises. Je m’habille, camel-back rempli d’eau claire (1,5l), une gourde à l’avant avec de l’hydrixir (750 cl), des gels cola et caféine, pâtes de fruits, barres et gels Holyfat. Je prends aussi des plats lyophilisés (au cas où), batteries et chargeurs. Un sac entre 6 à 7 kg comme d’habitude (toujours trop lourd mais je ne sais pas faire autrement). Petit déjeuner rapide, Muffins Gatosport aux myrtilles (très bons) et café, 10 mn de car et on est au départ. J’ai grave la trouille. J’ai passé ma nuit à penser que je ne finirai pas, heureusement, on s’est couché tôt, j’ai quand même dormi un minimum. Comme d’habitude, je me demande ce que je fais ici, au milieu de tous ces sportifs, j’ai l’air d’un p’tit gros avec sa caravane sur le dos. Photos avec ma choupinette, envie de pleurer, je lui dis que j’ai peur de ne pas réussir, elle me rassure, j’ai fait ce qu’il fallait, elle est persuadée que ça va bien se passer.

 

                                                                                                                       

                           

5-4-3-2-1-0 C’est parti…… Vite, trop vite, mais il faut que j’explose, 5:38, 5:43 sur les 2 premiers km, faut que je me calme. Une première erreur, minime, les premiers reliefs, me freinent un peu. J’aperçois Tetiana, une coureuse ukrainienne, juste devant moi, j’essaye de la suivre. Je suis sûr que c’est la plus forte du peloton et je voulais être dans la « bonne échappée ». J’ai très vite arrêté, ça va trop vite, je ne la reverrai qu’à l’arrivée. C’est une très grande championne, elle a survolé la course et nous a tous surclassés (malgré 20 km de plus) Bravo Tetiana et merci pour ta gentillesse, ta simplicité et ton humilité. Je décide donc de ralentir, je connais cette première étape et je sais qu’il ne faut pas trop se cramer, mais j’ai quand même envie d’envoyer un peu. Serge, un coureur du Doubs aligné sur le 100 km en 3 étapes me rattrape vers le 4ème km, nous discutons, nous ferons cette 1ère étape ensemble. Arrivée magique au Monastère de Pétra, quelques photos et on attaque la descente (+/- 700 marches) je la fais à fond, je m’éclate, j’adore, Petra est à nous, c’est magnifique, magique, insolite. Serge me retrouve en bas et sera mon meneur d’allure pour le reste de l’étape, je reste calé derrière lui ou à côté selon les pistes et passages. L’arrivée en bas des escaliers du sacrifice, 1ère difficulté, Choupinette est là avec les membres de l’organisation, Photos, bisous et ça repart, que du bonheur. Serge monte mieux que moi, après les escaliers, c’est montée dans les rochers puis de la piste, que du dur, pas de sable, on fait ça tranquille, mais à belle allure, on est actifs, on papote, on est bien. Le spectacle des montagnes de Petra est magnifique. Alternance de montée, descente, ça passe bien. Descente dans un canyon, premier contact avec le sable, ça ne dure pas, on attaque maintenant la grosse difficulté de cette première étape, une belle côte de 2.7 km en plein soleil avec des passages à 15%. Chacun à son allure, Serge monte bien, c’est plus compliqué pour moi, je gère tranquillement. J’arrive en haut un peu rincé, pas très bien. Giorgio, un Italien me double dans la fin de côte. Choupinette est venue à ma rencontre, ne me trouve pas très bien, mais c’est l’effet dénivelé. Serge qui a fini son étape revient aussi me taper dans la main, il s’excuse presque de m’avoir lâché dans la côte, très sympa. Merci Serge pour cette 1ère étape passée comme une lettre à la poste.

 

Ravito avec ma Choupinette, je passe un peu de temps pour récupérer, bois pas mal. Un rapide checkup et je m’aperçois que mes guêtres sont complètement décollées, le craft auto-collant n’a pas tenu. Je n’ai pas attaqué le sable, je n’ai plus de guêtre, je flippe pour mes pieds. Je les ai entourés d’élastoplast, on verra bien. Un dernier bisou à Choupinette, je ne la reverrai pas avant le km 131 si je n’arrive pas trop tard.

 

                                                                                       

 

CP 1 > CP 2 – km 42

Etape avec successions de montées, descentes, tantôt piste, tantôt route. Je décide de ne pas courir les montées et adopte la marche nordique qui me permet de marcher à 5 - 5.5 km/h sans trop forcer dans les côtes et courir sans forcer quand ça descend ou sur le plat, pour ne pas me griller, je ne veux pas me cramer, la couse va être longue. J’aperçois de temps en temps au loin Marco et Giorgio, un Suisse et un Italien qui sont parti un peu avant moi du CP1. Je décide de ne pas forcer et de ne rien faire pour les rattraper. Je suis dans mon tableau de marche et tout va bien, je ne force vraiment pas du tout, admire le paysage. Je prends des photos, je me filme aussi pour garder en mémoire mes pensées du moment. Une d’entre elle sera de ne pas jouer la place, mais uniquement mon chrono (- de 40h) et je suis largement en avance. Je croise quelques troupeaux avec des chiens un peu agressifs et je dois taper des bâtons pour les tenir éloignés, obligé une fois d’avancer en marche arrière pour ne pas leur tourner le dos, je flippe un peu. Un peu avant le CP2, 1ère hallucination ? Je vois un jeune debout sur son âne, je rêve. Mais non, il est bien debout sur son âne en train de danser à la musique de son téléphone. Très sympa, il veut absolument que je fasse un tour sur l’âne, j’aurai beaucoup de mal à lui expliquer que je fais une course. J’arrive bientôt au CP 2 avec plus de 2 h 30 d’avance sur mon tableau de marche 40 h et 1 h d’avance pour 35 h. Je vois au loin mes 2 camarades suisse et italien partir du CP. Arrivée au CP très sympa Franck, l’organisateur, Simon et Franck le docteur sont là pour m’accueillir, photos, ravitos, tout va bien. En signant la feuille de pointage, je m’aperçois que je suis 4ème derrière Tetiana qui a déjà 1 h 30 d’avance et Marco et Giorgio, seulement ¼ h devant, ça bouille déjà dans ma tête.

 

 

CP2 > CP 3 – km 61

Je repars toujours sur la même technique, alternance de course et marche sans jamais forcer, uniquement respecter un 6 km/h de moyenne, arrêts compris le plus longtemps possible. Le balisage est top et pour l’instant pas besoin de GPS. Grosse erreur, une belle descente, j’envoie un peu, 10.5 – 11 km/h, je m’éclate, mais d’un seul coup je réalise que je ne vois plus de balisage. Je reprends mon GPS qui doit sonner dès que je m’éloigne à plus de 100m de la trace. Oups, je l’ai éteint en arrivant au CP pour économiser de la batterie et j’ai oublié de le rallumer. Résultat, 1.5 km de rab en coupant dans la pampa, montant et descendant au gré du relief. Je m’énerve un peu et je décide d’envoyer un peu plus que ce soit en course ou en marche pour rattraper un peu. Le terrain est plutôt favorable pour tenir une bonne moyenne et je ferai cette portion à +/- 7km/h sans trop attaquer la bête. Depuis le CP 1 le parcours tantôt sur route, tantôt sur piste traverse des villages plus ou moins grands, toujours dans un univers montagneux et désertique, j’adore ça. C’est assez roulant et j’aurai sûrement pu envoyer un peu plus mais je crains la suite, la nuit, le sommeil, la longueur de la course, je reste prudent (trop peut-être) J’arrive encore bien en forme au CP où Franck le docteur est au petit soin, on discute il m’aide à remplir en eau, Je retire mes chaussures pour vérifier l’état des pneus, tout va bien. Je mets la frontale, il fera nuit avant que j’arrive au prochain CP.

 

                                                                                    

     

CP3 > CP 4 – km 80

C’est reparti, toujours 4ème à 35 mn de Marco et Giorgio, oui, je sais, je ne suis pas venu pour jouer le classement, mais ça commence à gratouiller l’esprit et le scorpion tape à la porte. Je repars toujours sur la même allure, je suis toocool (aujourd’hui, je me dis que j’aurai pu donner un peu plus) tranquille je me promène presque, j’appuie un p’tit peu plus en marche et je cours pas mal, le profil reste bien courable et je voudrais en faire le maximum avant la nuit. Dernier village, la mosquée, à gauche Didier, à gauche, ouf, je n’ai pas raté l’embranchement, me voilà parti vers le désert et l’au-delà. Je ne me souviens plus si c’est sur cette étape ou celle d’avant, mais j’ai croisé un groupe d’enfant avec un adulte qui s’entrainait sûrement, il remontait ce que j’étais en train de descendre, petit moment sympa. Le soleil se couche derrière les monts du désert, c’est magnifique. Puis voilà la nuit, une nouvelle course, maintenant je dois tenir, ne pas dormir et retrouver Choupinette au km 131 avant qu’elle ne parte avec le groupe. Je suis bien, presque serein, j’alterne toujours course et marche (que j’espère nordique), ça glisse un peu du côté de la moyenne mais je suis toujours très large sur mon chrono 40h, j’avance bien. Au loin les lumières de la 4 voies qu’on doit traverser, j’aime bien cette portion, c’est roulant et je vais vers la lumière. Les chiens sont toujours là à me faire flipper mais ils restent assez loin se contentant d’aboyer sur cette lumière qui passe et trouble leur tranquillité. Je cours, petite erreur, le GPS sonne et je retourne très vite sur le bon chemin. Je traverse la route, content, c’était un passage que j’attendais, je ne suis pas loin des 80 km et je suis toujours en forme, tellement heureux d’être là. J’avance, je cours, dans mes pensées, c’est sûr, je ne dormirai pas ici comme il y a 3 ans, première victoire. Je suis bien en avance sur mon timing, je suis bien, je vais pouvoir passer du temps avec Choupinette au CP6 si tout continue comme ça.

 Un aboiement méchant, je sursaute, me retourne, il est là, à 5 m de moi, un chien, le poil hérissé, agressif, j’ai peur. Il est bientôt rejoint par deux autres chiens, ils se mettent en arc de cercle, je suis en marche arrière, les regarde tour à tour, tape des bâtons, donne des coups de tête, ils redoutent la frontale, j’ai peur. Je recule, me retourne régulièrement pour ne pas m’éloigner de la trace et des balises. J’avance à reculons, ça me semble interminable puis ils arrêtent de me suivre, continuent à aboyer et abandonnent. Je repars, cours, marche, j’avance, je suis bien. Un nouveau « troupeau » de chiens, mais ils passeront au loin et prendront soin de m’éviter, je les remercie. Enfin le spot light m’indiquant le CP 4, Simon est là, lui aussi sera très attentionné avec moi, devançant mes désirs afin que mon arrêt se passe du mieux possible.

 

 

CP4 > CP 5 – km 100

Avant de repartir, Simon m’explique que les Américains ont squatté une partie du désert pour tourner le prochain Star War. Un vigile est venu le voir, ils sont en train de tourner de nuit et nos frontales ne sont pas les bienvenues dans le film, nous allons devoir prendre un autre chemin. Simon me montre sur une carte le parcours, pour contourner la zone je dois passer dans un canyon et récupérer la trace à la sortie du canyon. Rien que l’idée de rentrer dans le canyon, de nuit, je suis mort de trouille. Mais c’est parti, je suis une partie du balisage lumineux, puis je sors de la trace et je cherche l’entrée du canyon. Mon histoire d’amour avec les canyons de cette édition commence. Je galère, jardine dans les cailloux, commence à m’inquiéter, puis un garde m’appelle « Come here, come here !!! » Ho, ho, je vais me faire virer, j’y vais, tente de m’expliquer « It’s a race, I’m a runner », « I know, come !!! » bon, j’y vais et gentiment il m’accompagne jusqu’au bord de la base vie, que je prenais pour le lieu de tournage et me montre une lumière au loin en me disant de me diriger tout droit sur elle. Je lui ai presque fait la bise en le quittant, le remerciant chaleureusement pour ce coup de main inattendu. Et me voilà reparti le cœur en goguette, je cours, marche, vole, euh ! non, je m’emporte un peu. Mais j’avance, j’ai de plus en plus de mal à tenir le 6km/h de moyenne, mais c’est pô grave, je suis en avance sur mon tableau de marche et la route est encore longue. Mon genou, mes cuisses, mon dos, tout me rappelle que je suis proche des 100 km, mais j’avance. Je dois arriver au CP et je verrai l’état du bonhomme. Enfin, je suis proche, je me perds un peu, mais rien de grave. Un peu crevé, j’arrive au 100ème km et mes camarades, Giorgio et Marco sont encore dans la tente, ça me booste et d’un seul coup je ne suis plus fatigué. Il est fort ce scorpion ;o)

Arrêt sympa avec Bruno, on discute, je me ravitaille bien, rempli gourde et camel back, vide mes chaussures, je mange un peu. Je branche montre et téléphone sur ce qu’il me reste de batterie, il ne faut pas que je traine trop si je veux avoir de la charge jusqu’à mon sac allègement. Petit aparté sur la nutrition, c’est vraiment un point que je dois améliorer. J’ai « mangé » 2/3 gels par étape, une pâte de fruit par-ci par-là, au feeling. Je prends conscience que je dois me forcer à manger plus, je « bois » une petite gourde Holyfat, plus consistante et sûrement meilleure que mes gels. Je mangerai des barres Holyfat plus régulièrement pour ne pas « tomber »

 

Pas de photo – Fait nuit et chuis tout seul

 

 

CP5 > CP 6 – km 131

Il est +/- minuit, je repars du CP, 20 mn derrière mes camarades, je commence à croire que je peux vraiment faire quelque chose dans cette course et je repars plein de confiance, je n’ai pas sommeil et même en trainant un peu, je devrais être au CP6 vers 7h et passer un peu de temps avec Choupinette. Je suis content. La première partie est tranquille, je vise les antennes, points rouges qui illuminent ma course un petit instant. Les antennes sont là, je contourne, je trouve le passage sous la voie ferrée, du sable je descends, je remonte et c’est reparti dans la nuit, je ne vois rien d’autre que le halo de ma frontale. Je jardine, mon GPS me remet régulièrement sur la trace, j’ai du mal à garder un cap et il n’arrête pas de sonner pour me rappeler à l’ordre. J’ai du mal, je m’angoisse un peu sur mes capacités à tenir toute la nuit éveillé, j’avance, j’avance, j’avance. Il me semble apercevoir des frontales au loin, Marco, Giorgio ? Nouveau coup de boost, le scorpion est là, « j’accélère » comme on peut accélérer après plus de 100 km. Je jardine à nouveau, j’avance, c’est compliqué, je zig-zag, j’avance, je monte, je descends, cherche ma trace, j’avance. Au détour d’une dune ou d’un canyon, quelqu’un m’appelle « Didier !! », je sursaute, « c’est qui ? », « Marco », tout le monde galère, je me sens moins seul. On unit nos efforts et nos GPS pour retrouver la trace et ça repart. Nous ferons un petit bout de chemins ensemble et je pars devant, je suis bien, sur un nuage, le scorpion m’a poussé et je me retrouve 2ème de la course, 1er homme. Je ne pensais pas jouer les premiers rôles et les circonstances de course m’ont offert ce beau cadeau, je suis heureux. Je pense à mon père qui doit me regarder de là-haut, à ma Choupinette qui va être fier de moi, à Tatoo, ça y est je pleure, et j’avance. La trace est dure à trouver, j’avance, mon GPS me préviendra si je commets une erreur, je prends une piste, puis une autre, j’avance, je ne pense qu’à ça, avancer, être au CP6 au petit matin, le bonheur. Un p’tit café avec Choupinette, voir la joie et la fierté dans ces yeux, j’avance. Tout à mes rêves, j’avance, j’avance. Avec la fatigue, ma vigilance et ma lucidité me font défaut, j’avance, j’avance. Je me retourne, plus de frontale derrière, c’est pas possible, je ne suis pas allé aussi vite, j’ai un doute. Mon GPS n’a pas sonné, mais d’un seul coup je me souviens qu’il y 3 ans j’avais perdu la trace dans les canyons (non, pas celui-là) Je sors mon GPS, et gros coup sur la tête, je suis complètement hors trace, j’ai raté l’entrée du canyon et je suis de l’autre côté de la montagne ou du rocher, je ne sais pas vraiment. J’essaye de retrouver mon chemin, mais mon GPS me dit tout et son contraire, je suis perdu, je tourne en rond, je m’éloigne de ma trace mais je ne trouve pas comment retourner dessus. Je suis dégouté, je monte, je descends, je ne sais pas où je suis. Le jour se lève, j’ai envie de pleurer, je suis en colère après moi. J’aurai dû faire tout simplement demi-tour et retrouver ma trace. J’ai manqué de lucidité. Je suis perdu, je m’arrête, que faire, je ne veux pas qu’on vienne me chercher, réfléchis Didier, réfléchis (si, si, c’est possible). Et d’un seul coup, un éclat, une évidence, tu as une boussole dans ton sac, ça fait partie du matériel obligatoire, je m’en veux, je m’en veux de ne pas y avoir pensé plus tôt. Je prends la boussole, la jette par terre « donne-moi le Nord !!! » Je regarde ma trace, je sais qu’on va vers le Sud, si je prends Sud-Ouest, je croise la trace. J’espère que ma boussole n’a pas perdu le Nord et je tire tout droit Sud-Ouest. Sortie des canyons, mon GPS reprend vie, je reconnais les rochers, je sais où je suis, je rejoins la trace. Je devrais déjà être au CP6, je suis déçu et Choupinette va l’être aussi, ça fait ch…., je me traine. Une ampoule se déclare à mon pied droit, fait ch….. J’arrive au grand désert rouge, celui qui m’avait fait si mal, il y a 3 ans, je voulais le faire de nuit. Fait ch….. J’avance, je me dirige tout droit vers la montagne blanche qui est derrière le ravito, je le sais, je m’en souviens. J’avance comme je peux, mes chaussures sont pleines de sable, mais je ne veux pas m’arrêter, je veux voir Choupinette avant qu’elle ne parte. Je revois les semelles de mes deux compères dans le sable, je suis dégouté. J’avance, il faut que j’arrive au CP6. Hop, plus de montre, plus de batterie non plus sur mon téléphone, plus que 3 km, allez avance, tu vas reprendre des forces, allez marche. Au loin, je vois quelqu’un qui vient vers moi, c’est Choupinette, je pleure. Reprends-toi, montre que tout va bien. Malheureusement, je serai con. Excuse-moi !!! Avant même qu’on puisse se toucher, s’embrasser « Ils sont où, les italiens, ils sont repartis ? » Mais que je suis con !!!! « Il y a 5/10 mn à peine » et je crie, je m’énerve, je m’en veux. Je me calme, on fait bisou, je lui explique ma nuit et ma colère contre moi. Je n’en veux à personne d’autre qu’à moi. Choupinette doit partir avec le groupe, elle me rassure, je fais une super course, j’ai l’air bien. Merci Choupinette. Je vide mes chaussures, change l’élastoplast de mes pieds, trop tard, j’ai une ampoule sous le pied droit, tant pis. Je ne recharge que ma gourde pour ne pas perdre trop de temps, branche montre et téléphone sur les batteries et je repars 1h derrière Marco et Giorgio, c’est mort pour faire quelque chose de bien, tant pis, il faut finir maintenant. Dernière discussion avec Florentin et je repars.

                                                                                                                         C’est magnifique !!! J’aime le désert jordanien

 

CP6 > CP 7 – km 148

Je me suis arrêté presque une heure et le départ est douloureux, la gnaque n’est plus vraiment là, j’avance, mais je commence vraiment à avoir du mal. Cette erreur bloque dans la tête, je m’en veux, j’aurai vraiment pu faire un beau truc. J’essaye de limiter les dégâts et j’avance, j’essaye de ne pas me laisser aller. J’ai trouvé cette étape très difficile, la fatigue, le moral, je suis cuit. Le spectacle est magnifique, il y a 3ans, je n’avais pas fait cette partie du désert, c’est encore un autre désert, tendance blanc, rocheux, c’est beau, mais à chaque fois que je vois une grosse dune au loin, je me dis « non, il n’a pas fait ça, pas cette dune) je suis fatigué. A 8/9 km du CP, plus d’eau dans le camel-back, mais que je suis con, il fait chaud, je n’ai pas rempli au CP6, mais que je suis con. Plus que la gourde (75 cl) pour finir cette étape, je rationne. Je n’avance plus, je traine des pieds et mes idées deviennent noires, je n’ai rien à faire dans ce genre d’épreuve, il faut que j’arrête de me prendre pour un sportif, faut tout simplement que j’arrête l’ultra, je n’ai pas le niveau et bla-bla-bla et bla-bla-bla. STOP !!!!! Tu m’as déjà fait le coup, il y a trois ans, arrête. Tu es fatigué, tu fais une belle course dans un des plus bel endroit du monde (j’aime vraiment la Jordanie) Tu n’as pas le droit. Tu vas aller jusqu’au CP comme tu peux, tu limites la casse et tu verras. Tu t’allonges 20 mn, tu dormiras un petit peu et tu repartiras pour finir avec un chrono honorable. Ne lâche rien. Et c’est sur ces pensées positives que je poursuis ma route, c’est long, mais que c’est long. Plus d’eau à 3 km du CP, c’est pô grave !!! Le « c’est pas grave » une technique que j’ai adopté depuis très longtemps dans la vie de tous les jours et que je mets enfin en place ici. Avance, le CP n’est plus loin, je crois le voir, là-haut, je m’approche du dodo réparateur, j’avance. Et là, mes Zamis, Ze scorpion, le retour !!!! A +/- 500 m du ravito, je vois quelqu’un sortir de la tente, non ? ce n’est pas possible. Puis un deuxième, je reconnais les silhouettes, les sacs, mais oui, Marco, Giorgio. Mais alors, ils sont peut-être dans le même état que moi. Alors que je viens de faire une étape de M…., que je me suis perdu, je recolle. On discute un peu avec Marco, je lui explique et ils y vont. Simon est là pour m’accueillir, je lui explique un peu mes p’tits soucis, mais j’ai envie de repartir direct, il me calmera et me conseillera d’écouter mon corps. Ce que je ferai. Je m’allonge, lui demandant de me réveiller au bout de 20 mn. Il sort de la tente pour me laisser me reposer. Je m’allonge, prends une couverture, mais celle-ci est pleine de coca et…………. De mouches !!!!!! Impossible de dormir, elles grouillent sur moi. Après 5/10 mn de combat, je me calfeutre complètement sous la couverture et j’arrive à m’endormir. Je me réveille en sursaut, juste au moment où Simon rentre dans la tente pour me dire que ça fait 19 mn. Un coca, un café, je remplis tout en eau, sors un p’tit sachet de saucisson gardé pour me donner un coup de fouet, c’est maintenant.

 

                                                                                         C’est pô facile, cette course                  

 

CP7 > CP 8 – km 171

Je repars à peine 30 mn après mes camarades, j’y crois à nouveau. Je suis à la lettre les indications de Simon et tire tout droit sur une flamme Tendao qui flotte en bas. Et je me remet à courir, j’ai repris confiance, j’y crois. Je vais faire un coup et même si je n’y arrive pas, même si j’explose, tant pis, je serai mouru en « combattant ». Bon d’accord, avec le manque de sommeil et la fatigue, j’exagère peut-être une peu. L’étape est longue, 23 km, c’est maintenant, après ce sera de nouveau la nuit. Je ne sais même pas où j’en suis de mon chrono 40 h, c’est clair, je veux monter sur le podium. Un peu fou le vieux clown, mais que c’est bon. Je suis en pleine bourre, je courre à nouveau (courrôte plutôt) c’est bon pour le moral. Le pied me brûle un peu, pas grave, j’ai mal aux cuisses, pas grave, va chercher bonheur. Une grosse dune +/- 2km de montée, pas grave, la technique de l’escalier (marcher dans les pas des autres déjà passés) et ça monte à bonne allure. Je ne lâche rien. Après la dune, le profil est plus cool et me permet de courir plus souvent, je vais y arriver, c’est sûr. Et soudain, il me semble les apercevoir au loin, je n’en suis pas sûr, je me calme, continue sur mon allure, je ne les vois plus, j’ai dû rêver, il faut que je me calme. Ils étaient devant et je pars à droite, ce n’est pas eux. Mais si, ils sont à nouveau devant moi, plus très loin, ça a l’air compliqué, je vais y arriver, c’est sûr (je verrai sur ma trace après la course, que j’ai fait une tite boucle pour rien) J’accélère un peu, je suis au contact, c’est bon. On papote 2 mn et go !!!! c’est reparti. Je suis aux anges, malgré mes erreurs, mes errements, je suis deuxième de la course, un truc de dingue. Je suis bien, j’ai mal partout, c’est évident, m’en fout, j’avance. Et je me mets à rêver, je décide de ne pas me cramer, juste assurer, je gère. J’augmente mon avance sur mes poursuivants, sans me mettre dans le rouge. Je repars dans mes pensées, je pense à mon père encore et encore, à mon Tatoo, et à ma Choupinette, elle va être fière de moi, je suis heureux. J’avance bien, tranquillement, dans mes pensées, le bonheur. Puis, venu de nulle part, un « Hello, ça va » me réveille et Cyril me dépose sur place, il me double à belle allure régulière. Mais il sort d’où celui-là, je ne l’ai pas vu venir. Une fois la surprise passée, je cours, je ne veux pas le laisser partir, pas maintenant. Il est trop fort, je ne peux pas, je suis obligé de le laisser partir, une belle claque !!!! A chaque pointage, on connait le temps de nos prédécesseurs mais pas de ceux qui sont derrière, j’ai trop géré, je me suis perdu, mais même sans ces petits aléas, il m’aurait rattrapé, c’est la course. Mais ce n’est plus la même course, je suis maintenant 3ème, la dernière place sur le podium. Il courrait avec Amandine, elle aussi va arriver, j’en suis sûr, je flippe. J’ai l’impression d’avoir une cible dans le dos. J’accélère comme je peux, je me retourne constamment, elle va arriver, c’est sûr. Et maintenant la nuit, je ne suis plus très loin du CP, mais je recommence à jardiner, je m’éloigne de la trace, retrouve la trace, la reperds, la retrouve, je suis fatigué, mais il est où ce CP ? Il fait vraiment nuit maintenant, je vois 2 spotlights qui clignotent, ils avaient dit 1 par CP, et si ce n’était pas ça ? Je suis la trace comme je peux, je me retourne constamment, j’ai peur, peur de me perdre, peur de la nuit, peur d’être rattrapé, je suis tendu et fatigué. Je me rapproche du CP, j’ai l’impression qu’un spotlight est sur une grue (c’était une flamme Tendao) j’ai l’impression que c’est derrière un mur et que je suis chez des gens (c’était une dune) J’arrive enfin au CP. Je m’arrête très peu, Cyril ne s’est pas arrêté.

                                                                       C’est bôôôôôô !!!                     

 

CP8 > Arrivée – km 185

Franck, le docteur était là pour parler un peu, j’ai pas vu grand monde depuis hier matin, ça fait du bien. Puis il m’explique le chemin à suivre pour traverser ce dernier canyon avant l’arrivée. Je suis très attentif et repars plein de crainte. Surtout ne pas se perdre pour ne pas laisser quelqu’un revenir. J’essaye de tenir une belle allure, mais je suis naze et j’ai peur de me perdre, je ne lâche pas mon GPS des yeux, je suis les pas de Cyril quand je les trouve, éclaire tous les arbustes pour voir des rubalises qui me rassurent. Je vois les rochers, devine la première entrée, je flippe, ce canyon me fait vraiment peur, il fait nuit, mais la lune éclaire un peu, le sable est clair, j’entre, longe les premiers rochers jusqu’à l’entrée du canyon, je me retourne, je ne vois pas de lumière. Allez Didier, vas-y. L’entrée du canyon, le vent qui s’engouffre à l’intérieur, siffle, je suis mort de trouille, je dois y aller, allez Didier, vas-y. Le canyon, je suis dedans, je longe le rocher à droite, mais pas trop prêt quand même, je flippe, je me retourne, allez, allez, allez, ça va le faire, bientôt la fin du canyon, ah non, ce n’est pas là, allez. Je cours, marche, je fais ce que je peux, surtout ne pas se perdre. Enfin la fin du canyon, plus que 5 km, toujours pas de lumière derrière, allez Didier, c’est bon, tu arrives bientôt. Soudain le GPS sonne, j’ai perdu la trace, oh non, pas maintenant, ça va revenir derrière. Je jardine, je cherche, je suis dégouté, retrouve ta route. Tous les rochers se ressemblent, est-ce le bon ? Je tourne en rond, je m’énerve, je ne pense plus à la nuit, je veux arriver. Et d’un seul coup, le drame !!!!! En me retournant vers le canyon, une frontale, l’horreur !!! Non, pas maintenant, Cours Didier, Cours !!!!! Et tant pis je cours comme un fou, je longe ce rocher en espérant que c’est le bon, et je cours, et je cours, je donne tout ce que j’ai, je bave, je suffoque, je cours, je cours. Des lumières, un camp, c’est là. Je les vois derrière, ils sont trois et ils courent, ils vont revenir, dépêche-toi Didier, cours !!!!! Je rentre dans le camp, je ne vois personne, pas d’arche d’arrivée, pas d’organisateur, et je hurle « VOUS ÊTES OÙ ? ELLE EST OÙ, L’ARCHE ? » Je hurle, je hurle, je bave, je n’en peux plus. Des bédouins sortent affolés, me posent des questions, je ne réponds pas, je suis en folie, je viens de comprendre, je me suis trompé de camps, ce n’est pas là, je ressors par un trou dans le mur. Ils sont là, les 3 lampes qui courent et ils éteignent leurs lampes, je les vois, je ne les vois plus, ils se moquent de moi. Je regarde ma trace, je suis encore à 1800 m de l’arrivée, ils sont derrière, allez Cours Didier, Cours !!! Et je cours, je cours, je donne tout ce que je peux, j’ai failli tomber plein de fois, mais je continue, je ne les vois plus, ils se cachent les fourbes, c’est pas sympa de faire ça, et je cours, je cours. Puis d’un seul coup, ils sont là, à côté, ils jouent avec leurs lampes, ils me doublent, je les entends rigoler, c’est fini, j’ai perdu. Je les vois arriver au camp plus loin peu de temps après. Black-out, plus de son, plus d’image pour Didier. J’ai fait tout ça pour rien, j’oublie tout, le kilométrage, le chrono, le lieu magnifique dans lequel je suis, j’oublie tout, je n’ai plus envie. Alors que j’étais à 10/9/8 mn /km je ferais le dernier en presque 18 mn. Toute la fatigue retombe, j’y ai cru tellement fort, j’ai tout donné, ils ont été plus fort. Je me traine vers le camps pour quand même finir, un chamelier vient vers moi avec son troupeau de dromadaire « this way, my friend, this way » Non, je ne veux pas faire de chameau, c’est une course, je dois finir, il insiste, je suis un peu plus virulent, « laisse-moi, je dois finir ma course », il insiste, me tourne autours pour que je le suive, NON, je n’irai pas je continue vers le camp. Et je le regarde s’éloigner, comme si j’avais le cœur à faire du chameau !!!! Mais c’est quoi derrière les chameaux, des lampes qui bougent, ça s’agite là-bas, c’est quoi ? J’entends des cri « cours, cours » C’est quoi ça, oh, j’ai entendu Didier « Cours Didier, Cours !!! » Mais quel idiot !!!!! Et si je m’étais trompé de camp, et si j’étais encore 3ème. Et je cours tout ce que peux vers ces lumières, vers ces cris « Cours Didier, Cours » Mais oui, c’est pour moi, je cours, je cours, je pleure « mais quel c.., quel c.. » et je cours, je les vois, Choupinette, Maxilène, Taïna, Marc, ils sont là sous l’arche d’arrivée, et je cours, je cours, j’arrive en pleurs, dans les bras de Choupinette et je pleure, je pleure. J’ai fini cette course de malade. Choupinette m’annonce que j’ai fait une course magnifique, je suis 3ème et je repleure, je suis fatigué mais c’est tellement irréel. Moi, le poireau, le p’tit gros, je fini 3ème de cette folle aventure, un truc de fou. J’avais dans mon sac le bob finisher, le nez rouge et le nœud papillon avec le maillot du club pour finir en beauté, je n’ai pas eu le temps de les mettre. Je demande l’heure, 22 h 30, je m’excuse auprès de Choupinette, mais pourquoi ? Je t’avais dit que je serai rentré pour 22 h, j’ai une ½ h de retard, pardon. Eclats de rire, accolades avec tout le monde, je suis heureux. Je suis bien conscient que cette place n’est due qu’à la faveur des choix de chacun, soir courir pour accompagner, soit de courir en groupe, ou de rester prudent, mais c’est un gros kif pour moi.

J’ai encore raté mon sub 40h, je vais être obligé de revenir

Merci à Franck, Maxilène, Taïna, Florentin, Franck, Simon, Bruno et Philippe (on ne s’est pas vus beaucoup) pour cette belle aventure.

Mention spéciale à ma Choupinette qui supporte tout pour mon plaisir, MERCI. Je te aime

 

LE BONHEUR

 

 

                                   

 

 

                                                                                              

      

 

Diagonale des fous 2022 : Le retour !
 

Commentaires 4

grenouille le mardi 15 novembre 2022 10:43

A lire et à relire ce récit !!! Ça prend aux tripes !!! Je remets ici mon commentaire de Fb :
Quel récit magnifique ? Didier !! Merci d’avoir partagé tous ces moments avec nous , pour un peu je me sentirai capable d’aller affronter tout ça rien que pour ressentir cette hargne et cette volonté d’y arriver et pleurer de joie aussi ! Tu peux être fière Valerie ! Le ? a fait une course magnifique ! Mille fois bravo Zeclown ! ?de la ? admirative !!!

A lire et à relire ce récit !!! Ça prend aux tripes !!! Je remets ici mon commentaire de Fb : Quel récit magnifique ? Didier !! Merci d’avoir partagé tous ces moments avec nous , pour un peu je me sentirai capable d’aller affronter tout ça rien que pour ressentir cette hargne et cette volonté d’y arriver et pleurer de joie aussi ! Tu peux être fière Valerie ! Le ? a fait une course magnifique ! Mille fois bravo Zeclown ! ?de la ? admirative !!!
Aïolirun le mardi 15 novembre 2022 17:19

Ouf !! Tu m'as épuisé. Mais bien sûr t'es un sportif ! Un sportif qui fait podium. Je suis fier de compter parmi mes amis ! Aïoli sur toi Zeclown !

Ouf !! Tu m'as épuisé. Mais bien sûr t'es un sportif ! Un sportif qui fait podium. Je suis fier de compter parmi mes amis ! Aïoli sur toi Zeclown !
DingDong le mercredi 16 novembre 2022 05:56

Quelle aventure ! Chapeau bas, je serais bien incapable de courir dans cet environnement. Bonne récup !

Quelle aventure ! Chapeau bas, je serais bien incapable de courir dans cet environnement. Bonne récup !
Runnindoum le vendredi 18 novembre 2022 09:48

Waow waow..... je suis épuisé, j'ai presque pleuré à ton arrivée, tu m'as vendu du rêve!... Quelle perf, quel récit !!! Zeclown ambassadeur de Zordanie, tu peux être extrêmement fier de toi, j'espère être petit gros comme ça longtemps !

Waow waow..... je suis épuisé, j'ai presque pleuré à ton arrivée, tu m'as vendu du rêve!... Quelle perf, quel récit !!! Zeclown ambassadeur de Zordanie, tu peux être extrêmement fier de toi, j'espère être petit gros comme ça longtemps :p!
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Invité
jeudi 1 décembre 2022

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