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Naoned 2024, le marathon du petit Lu

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Je n’avais encore jamais couru le marathon de Nantes, et c’est une inscription tardive qui m'y a amené cette année, j'avais besoin de quelques dossards de plus pour alimenter la trajectoire vers ma 200ème étoile à la fin de l'année (mais c’est une autre histoire).

Facile d’accès pour un rapide aller/retour, le choix s’est facilement imposé d'aller revisiter la capitale des Ducs de Bretagne que j'avais fréquentée il y a quelques années avec mes filles, petites à l'époque.

 

Arrivé la veille dans la belle Naoned, le soir je retrouvais Bobosse le régional de l’étape pour un petite pasta party intimiste dans le centre historique. Dimanche matin, sous un grand ciel bleu et par une fraîche température on se retrouvait sur l'Île de Nantes sur le parvis des Nefs. J'avais pris un hôtel sur la ligne de tram sans anticiper que celui-ci serait coupé pendant la durée des courses, le parcours franchissant les rails à plusieurs endroits. Une petite marche d’un km et demi allait donc tenir lieu d’échauffement matinal, nécessaire avec ce petit vent fripon et les 3-4°C de ce début de journée ! Pour l’occasion j'avais revêtu une triple couche : un t-shirt Superman moulant bien chaud (si, si, ça aide !), mon t-shirt Laurette Fugain et un coupe-vent sans manche. Des manchettes, un buff autour du cou, et un sac poubelle pour patienter jusqu'au start. Une belle ambiance régnait au départ sous les Nefs des Machines, face au célèbre et gigantesque éléphant mécanique. J'imagine la tête des Troyens découvrant le cheval devant le remparts de la Cité en cette matinée légendaire (mais c’est une autre histoire là encore). Nous sommes positionnés en fin de peloton derrière les flammes 4h30.

 

Au top départ au son des binious, la caravane s’ébranle gentiment. Après un passage au pied de l’éléphant gardien des lieux, on traverse la Loire une première fois par le pont Anne de Bretagne pour amorcer une alternance de montées descentes, une longue série de faux plats qui finira par nous user, mais on ne le sait pas encore… 

Km 3, on enroule le parc de Procé, un des nombreux espaces verts urbains qui font le charme de la ville. Bobosse y est fêté par ses petits-enfants en haut d’une côte. Le parcours étant constitué de 2 boucles, ce sera aussi le passage au semi un peu plus tard. Puis on rejoint la place Graslin qui, par la rue Crébillon, célèbre pour ses belles boutiques ruineuses, mène en descente à la majestueuse place Royale et ses bâtiments à l’architecture classique. On enroule fièrement la fontaine monumentale en foulant les blocs de granit, les souvenirs remontent à la surface, quand j'emmenais les enfants manger un morceau à la brasserie… La route se poursuit par le fameux Cours des 50 otages pour aller longer l’Erdre et contourner l’Ile de Versailles, c’est un passage presque champêtre, la rivière fait une jolie courbe avec ses bateaux amarrés, dans un écrin rehaussé de verdure par le passage du tram sur son lit de gazon. Nous sommes sur du pavé "moderne" - très régulier - à cet endroit. Sortie du petit pont au km 8, je dois aller faire mon premier arrêt technique, suivront 2 autres aux km 12 et 16… Oh, vieillesse ennemie !!

Impressionnant passage devant la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul au km 9, puis on longe le château de la Duchesse Anne, mais en deuxième rideau, je ne l’ai pas trop vu… Après une succession de lignes droites et de courbes, entre les km 10 et 11, un spectacle inattendu nous est offert avec 2 pelotons courant en parallèle, en effet on surplombe l'arrivée du semi qui longe la Loire, au même endroit une boucle plus tard ce sera le km 32, et le peloton en dessous sera celui des arrivants du marathon dans leur dernier km. The place to be, qui nous remotivera !!!! On va alors traverser successivement l’Erdre et la Loire (par le pont Willy Brandt) en longeant le célèbre stade Marcel Saupin, haut lieu des exploits passés des Canaris nantais. On est de nouveau dans l'Île. Du 13ème (on longe le centre commercial de Beaulieu) au 17ème km, ce sera le passage le moins glamour du circuit, zone vaguement industrieuse avec beaucoup de bâtiments en chantier, dont le futur CHU de Nantes qui regroupera tous les établissements hospitaliers actuels de la ville. Bobosse joue les guides en me présentant ce gigantesque chantier. 

Balayés par le vent, parfois favorable, parfois de face... on finira par déboucher au km 17 sur la quai des Antilles et ses célèbres anneaux multicolores (de nuit) bordé de nombreux bistrots et autres endroits festifs nantais.

J’ai trouvé un bon prétexte pour faire un petit stop photo…

On revient alors sur le parvis des Nefs (km 18), et c’est reparti pour une deuxième boucle avec la deuxième ascension du pont Anne de Bretagne !

J'ai malheureusement vite réalisé qu'aujourd'hui ce n'était pas un grand jour… avec les premières sensations de moins bien avant même le semi ! Et moins ça va, plus les hernies se réveillent... On passera le semi en 2h14 en haut d’une bosse dans le parc de Procé, malgré mes arrêts au stand successifs qui m’ont fait repartir en léger surrégime pour recoller à chaque fois au bout de 3km... Bien qu’ayant l'impression d'amortir pour rejoindre Bobosse, je mettais un peu trop de rythme à mon insu, et confusément je sentais bien que ça se paierait cash.  Partis un peu vite, on se dit qu’on va calmer un peu le rythme… un modèle de vœu pieux !

Le soleil a maintenant presque disparu, le ciel a viré au gris. le vent est plus frais… 

Après être repassés par la Place Royale, on ressort en compagnie des flammes 4h30, on se fond dans le troupeau mais très vite on constate qu’ils sont un peu trop rapides, et qu’il est plus raisonnable de les laisser filer. Longtemps je les verrai s’éloigner peu à peu… 

Jusqu’au km 27 le parcours sera le même (mais en beaucoup plus difficile donc !). Une boucle inédite de 3 km nous est alors proposée, avec en point d’orgue, après avoir longé la gare SNCF, la traversée du jardin des Plantes, véritable poumon vert en centre ville, un parc et jardin botanique du XIXème siècle avec de très belles essences rares et des équipements issus du Voyage à Nantes comme le banc géant que l’on peut admirer au passage. Un groupe de percussions galvanise la troupe et lui redonne des forces. Ça grimpe, et on mange de la poussière ! En sortie, on traverse la place du maréchal Foch et sa haute colonne puis la place Saint-Pierre (Ca tombe bien, je suis à moitié mort! ) pour redescendre une rue vers le ravito du km 31…

… Où soudain j’entends retentir un “Papy Doumé !!”

Je cherche du regard et tombe sur la bonne surprise du jour, Julie et mon petit Paul, l'aîné de mes 3 terribles petits fillots sont venus encourager l’Ancêtre !! Petit moment de grâce, nous partageons une photo et quelques centaines de mètres avant de se donner rendez-vous sur la zone d’arrivée. 

Le dernier tiers-course aura été un combat. Je relance la machine comme je peux, je manque de jus, les hernies klaxonnent fort désormais, je rentre le ventre, et rejoins Bobosse, qui va commencer à avoir des crampes à la chaîne postérieure… Il va me laisser filer et j'entame l’ultime petite boucle, traversant à nouveau les ponts sur l’Erdre et la Loire pour revenir dans l'Île et attaquer, concentré sur la fin du parcours, cette partie ingrate. J’alterne course et petites portions de marche pour calmer le moteur qui s'emballe alors que les segments ne répondent plus aussi bien, les croc’s ne volent plus… 

Dans les derniers km, j'ai adapté mon rythme en conservant une fréquence de foulées élevée mais avec des foulées raccourcies pour adopter un train économe.

Km 40,5. Une soudaine irritation au fond de la gorge (desséchée par l'air vif et ma soif croissante), me gêne au point de me faire tousser jusqu'à frôler la détresse respiratoire! Je calme le tout jusqu'à ce que ça passe, et enfin à nouveau les poumons se remplissent à fond sans effort... un dernier stress de fatigue sans doute... A 400m de l'arrivée, Julie et Paul sont là, congelés à m'attendre. Tout à l’heure je lui avais pronostiqué entre 4h35 et 4h45, je suis pile dans la fourchette (haute). Dans un grand moment de bonheur nous franchirons la ligne d'arrivée main dans la main, et je félicite mon Paul - 7 ans - pour sa première finish line marathon !! Bobosse arrive 3 minutes après, non sans démontrer que sa capacité lacrymale à l'arrivée n'a pas faibli depuis 15 ans, incroyable émotion incontrôlable ! Au final j’ai bouclé comme à Arcachon en 4h43, je crois que c'est ma marque actuelle sur les parcours qui ondulent…  Nous avons mérité notre médaille en Petit Lu, un autre symbole nantais !

 

Ce marathon atlantique restera un bon moment CLM traditionnel avec sa pasta la veille et la célébration à l'arrivée ! Une belle ambiance presque tout le long, des ravitaillements classiques gentiment proposés par les souriants bénévoles, un très joli parcours urbain à l’exception de cette partie industrielle en construction au fond de l'Île, mais bien exigeant avec ses faux plats plus ou moins marqués, ses relances, et quelques portions pavées à l'ancienne... Naoned se mérite ! 

 

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Invité
lundi 15 juillet 2024

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